Carnet de route

Week-end formation au Cayrel

Le 03/12/2014 par Galou

Du 8 au 11 novembre 2014. Cette année, point de Maison Carrée pour le 11 novembre, nous en profitons pour improviser une session de formation technique spéléo. C'est chef Gour qui nous accueille dans sa belle demeure familiale que l'on ne présente plus, dans le Lot-et-Garonne, à Saint Front sur Lémance. Point de falaise, ni de grimpe sur la façade de la maison, c'est le grand chêne au fond du jardin qui sera équipé de 4 cordes pour nous exercer à différents ateliers ! Michel joue les élagueurs, et nous fait un parc de jeu confortable (en abattant au passage un quart de l'arbre, mais bon, c'est pour la bonne cause !) Pendant deux jours, les voisins doivent se demander quelle est cette bande de marsupilamis suspendus dans l'arbre, qui s'amusent à faire des petites grappes dans des positions plus ou moins évocatrices... qu'à cela ne tienne, les chasseurs ne nous ont pas tirés comme des perdrix, et grâce à quelques photos suggestives, Michel compte bien recruter du monde ! Le premier exercice pour rafraîchir la mémoire de tous et s'échauffer sera le passage de noeud : à la montée, à la descente, et la conversion entre les deux. Nous nous essayons ensuite à différentes méthodes de décrochage de victime "montante" vers le bas : la pédale crollée pour les uns, le balancier sur grande longe pour les autres, puis le croll à croll et la méthode "en force" pour les plus subtils d'entre nous... Le palmarès du premier jour n'est pas très glorieux : Audrey met 38 minutes à me décrocher ; Fab abandonne sa victime Michel après un décrochage en force qui échoue et chacun redescend par ses propres moyens sur une corde différente ; je n'arrive pas à démonter mon balancier et piétine allègrement ma victime... Dans tout ça, la nuit tombe, et nous profitons de la piscine chauffée (nouveauté du gîte !) pour nous remettre de nos émotions... on ne sait pas qui des victimes ou des sauveteurs ont le plus souffert aujourd'hui, mais une chose est sûre : le baudrier spéléo n'est vraiment pas confortable, on marche tous jambes arquées comme des cow-boys pour rentrer à la maison, et Widian remporte haut la main le concours de Miss Bleus 2014 ! Le deuxième jour, on se remet à nos exercices avec ardeur, les gestes deviennent plus sûrs et plus rapides, Audrey et Fab réussissent des décrochages en 5 minutes, ouf ! Cyril nous montre la technique du "couper de corde" (avec une corde réformée, qu'on se rassure) ainsi que la mise en place d'un balancier espagnol, pour remonter un spéléo épuisé, par le haut. La soirée sera l'occasion de faire une première partie de jeu Explo. C'est Widian qui fait le chef d'explo, car elle n'a encore jamais joué au jeu. Même si "on est large" en ressources malgré l'oubli des sacs poubelles et de la topo, nous mourrons tous à une case de la sortie, après avoir fait une bien maigre exploration... la revanche sera prise le lendemain soir, où non seulement nous ressortons tous vivants du plateau de jeu, mais en plus nous atteignons des objectifs scientifiques haut la main ! il ne sera pas fait mention ici de la légère adaptation des règles du jeu pour parvenir à nos fins... Lundi, nous allons confronter nos techniques fraîchement acquises sous terre, en vrai, dans la grotte de Boutigues, à quelques kilomètres de là, située sur la commune de Blanquefort sur Briolance. Nous n'avons pas de topo, et tout ce dont se souvient le chef pour la retrouver, c'est qu'il faut se garer au "tas de mercure" au bord de la route qui va à La Sauvetat... mouais... les accotements de la route ont été refaits depuis, le tas de mercure (du carbure en fait) a disparu, mais nous trouvons quand même la sente qui mène au trou d'entrée. Il fait chaud, nous partons légers avec deux petites cordes de 20 mètres, car Gour se souvient qu'il n'y a pas d'équipement dans cette grotte, sauf une main courante éventuelle pour les débutants... Nous entrons dans une galerie plutôt confortable, avec un joli plafond plat, et tombons sur des amarrages de main courante... tiens, ça doit être pour rassurer les débutants, nous continuons... et tombons sur une main courante qui précède une tête de puits : bizarre, bizarre... on voit presque le fond de ce petit puits qui a l'air borgne, donc pas très intéressant, et continuons notre déambulation dans la galerie. Re-bizarre, nouveau départ de main courante, avec cette fois un vrai puits d'environ 20 mètres sous nos pieds ! Allez, on va descendre pour voir, mais comme nous n'avons pris que des mini cordes il va falloir rabouter (raboter) et se taper un passage de noeud à un mètre du fractio, tant mieux, on est là pour pratiquer les exercices de la veille ! Tout le monde descend, il y a 3 départs de galerie possible, dont 2 ressauts de quelques mètres qu'il faudrait équiper avec une corde pour nous sécuriser, nous allons donc dans la troisième. Au bout de quelques mètres, nouvelle fournée de spits, c'est une vire qui part devant nous, mais nous n'avons plus rien pour l'équiper. Michel et Audrey vont voir un peu plus loin, et entendent le réseau actif pas loin... Fab et Gour vont eux explorer les deux autres galeries, qui continuent sur des centaines de mètres, et sont de plus en plus boueuses... Michel est perdu, croit rejoindre la base du puits, tombe sur Gour, tourne en rond, Fab lui court après, bref, c'est un vrai gruyère, et on serait curieux de voir la topo ! A la remontée, Lysiane fait le cobaye pour le test du balancier espagnol. Elle est secourue avec succès par Audrey, encouragée par un troupeau de chauves-souris qui virevoltent dans le puits. Pour continuer dans la formation, nous passons à l'exercice "point chaud". On teste d'abord les super spéléo-ponchos de la NASA, hyper efficaces et faciles à enfiler. Chacun ressemble à Mère Térésa emmitouflé là-dedans, les photos parlent d'elles-mêmes ! Ensuite, nous mettons en place un point chaud plus conventionnel, en confectionnant une petite tente avec des couvertures de survie suspendues à une ficelle. Pour amarrer notre abri, il faut des points en hauteur, ce sera l'occasion pour moi de planter mon premier spit au tamponnoir, depuis le temps que je le réclame... séance DDE : me voilà à taper comme une sourde (pas un coup sur les doigts !!) et les autres qui regardent en se bidonnant. Conclusion : finalement, le perfo, c'est pas si mal que ça, même si les accus sont lourds à transporter ! Bon, le point est en place, cordelette tendue, l'abri ne s'effondre pas sur lui-même : tout va bien, nous allons tour à tour tester la douce chaleur couchés dans la tente avec chauffage central ! Pour finir, Widian s'essaye au déséquipement sous l'oeil mi-attentif mi-moqueur de Gour et Michel. Quelques pas de funambule au bord du puits, et hop ! c'est la sortie, une belle grotte de plus à notre actif... Nous n'avons qu'une envie, y retourner, avec des cordes cette fois, afin d'atteindre la fameuse cascade ! Mardi, c'est la grotte de la Pouleti, numéro 1 ou 2 - on ne sait pas trop, que nous allons visiter, toujours dans le secteur, à Cuzorn. Malgré le panneau "risque d'éboulement" placardé au-dessus de l'entrée, nous y allons allègrement, sous la direction de Widian, notre chef d'explo du jour. Cette grotte joliment concrétionnée est très ludique, car équipée de petites mains courantes et échelles diverses en fixe. Après avoir parcouru un premier niveau de galerie, on atteint l'actif et sa petite rivière en méandre. Un peu de marche à l'égyptienne, de l'oppo sur les genoux en haut du méandre, du ramping sur le ventre au-dessus de ses petits camarades, de la reptation dans des étroitures avec le ventre qui frôle l'eau : chacun trouve l'attitude et l'altitude qui lui convient pour se déplacer dans le réseau inférieur, encore plus joli que le supérieur. Après des séances photos sous la direction drastique de Gour-metteur-en-scène, la progression s'arrête sur un joli siphon, dans une salle à l'ambiance particulière : si l'eau n'était pas si froide, on pourrait se croire sous la coupole d'un spa... La remontée s'effectue presque sans problème, le plus difficile étant de retrouver le passage de jonction entre le réseau inférieur et le supérieur (il était là ce tronc plein de champignons avant ??). Nous retrouvons tous le soleil avec le sourire à la sortie, encore une jolie grotte inattendue aujourd'hui ! Le florilège d'anecdotes à rajouter dans le carnet de Michel s'est bien étoffé au cours de ces 4 jours, avec : - une série de "christianades" : liste censurée dans un but pédagogique afin de ne pas donner de mauvaises idées à des innocents ! - Gour qui traverse le jardin en maillot de bain pour arrêter l'alarme incendie : ne jamais laisser Michel et Fab en cuisine pendant le cours d'aquagym ! - les nombreux gâteaux et kilos de lentilles engloutis dans le week-end - le déplacement de chauve-souris et dressage/sauvetage de bébés salamandres à la Pouleti : le CAF de Roanne est décidément un ami des animaux ! - l'Alzheimer précoce du chef qui nous assure qu'il n'y a pas besoin de cordes dans les grottes locales...moué, ça aurait été utile quand même ! Chef qui nous inquiète d'ailleurs un peu quant à son gros laisser-aller dans le nettoyage de sa voiture et de ses affaires... Enfin, hommage à Gour-Bouillon, valeureux combattant qui a trépassé en l'absence de son maître ce weekend là. Il aura sans doute rejoint le paradis des poissons volants (hors de leur bocal) ! Avec : Widian, Audrey, Lyse, Fabien, Michel, Gour et la scribe Galou.

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