Carnet de route

Sur les ailes du Sancy

Le 07/02/2015 par Béraud Chantal

Sur les ailes du Sancy…

Samedi 7 février au matin, de bonne heure et de bonne humeur (comme d’hab au CAF), nous sommes sept courageux à partir profiter du Sancy sous la neige (Puy-de-Dôme). Jean-Pierre, notre grand chef raquettes, fait comme d’habitude équipe avec Chris, son habile co-pilote. Martine, Doudou et moi, avec le renfort de deux amis des AMA (Bernard et Pascale), sommes prêts à les suivre en toute confiance jusqu’au bout du monde. Ou du moins, jusqu’au lac de Guéry ! Chouette, ce dernier est tout gelé. Comme chaque année en pareil cas, il sera bientôt ouvert aux adeptes de la pêche au trou, une pratique qui donne au Sancy des allures de grand nord canadien. Ouverture prévue de la pêche sous la glace le 7 mars prochain, gare aux poissons…

Puy Loup, berceau du vol à voile français

Pour l’heure, le site n’est rien qu’à nous et nous en profitons pour nous élancer avec ardeur en direction de Puy Loup. Parvenus à 1481 mètres, la vue est grandiose : d’une mer de nuages émerge juste le bout du nez du Puy de Dôme, c’est magique. On se croirait face à une île d’Auvergne. De l’autre côté, l’œil se régale aussi, avec un panorama grandiose donnant sur toute la chaîne enneigée du Sancy. On casse-croûte vaillamment à côté  des ruines d’une guérite au chapeau rond, qui abritait autrefois les balises d’une piste d’envol. En effet, dès 1931, des expériences y ont été menées avec l’organisme d’Etat AVIA. Si le Puy Loup pouvait parler, il nous raconterait d’incroyables exploits. Ce sommet, perdu au milieu de nulle part, a en effet été soigneusement choisi par les scientifiques comme base d’envol, à une époque l’on ne connaissait pas les ascendances thermiques ni dynamiques. Les planeurs étaient donc tractés en bordure de crête. Des hommes à terre tiraient ensuite à bras un sandow, un élastique pour catapulter le planeur en l’air. On disait poétiquement que le pilote giclait ! Puis le planeur redescendait, en fonction du vent. Une époque épique, où l’on savait même reconstruire entièrement les planeurs accidentés, qui avaient « fait des allumettes ». C’est en tout cas grâce à ces pilotes, des sages un peu fous, que la science du vol a progressé…

Les sept printemps de J.P

En parlant de progression, la mer de nuages a aussi finit par nous rejoindre, alors que nous sommes en train de redescendre du sommet voisin du Puy Gros (1485 mètres). Immergés en plein brouillard, on n’y voit plus que du blanc ! Il en faudrait bien plus pour effrayer Jean-Pierre, qui avec carte et boussole, nous reconduit avec science jusqu’au bas du lac. Bravo, J.P ! Il faut dire que ce jeune homme a l’âge de raison : demain, dimanche 8 février, il fête ses sept premiers printemps ! ( Y’a une erreur ? Mais non, y’a pas d’erreur…). En grand prince, il veut d’ailleurs nous payer une bouteille de champagne, au gîte des Hautes Pierres, au Mont-Dore. Mais la dernière bouteille vient de s’envoler : on soupçonne d’ailleurs pendant un moment Pascale et Bernard, puisqu’ils nous ont dit qu’ils allaient « buller » durant un moment au jacuzzi. Une enquête plus approfondie les lave heureusement de tout soupçon, la bouteille a été volée pour une jeune femme qui fête ses trente printemps ! Heureusement, il reste encore quelques verres de birlou pour nous. Et le grand Bernard nous régale aussi de génépi. Santé…

Un face à face de géantes

Dimanche matin, J.P parvient à convaincre Chris de monter vérifier si le col de la Croix-Morand est bien dans le brouillard. Mission réussie : une fois là haut, on n’y voit que dalle... Du coup, on remet le cap sur l’autre extrémité du lac de Guéry, pour une promenade autour des roches Tuilière et Sanadoire. Á gauche, c’est la Roche Tuilière, où l’on débitait jadis des lauzes pour les toitures.  Á droite s’érige sa sœur, son écho : la Sanadoire, composée de résonante phonolite. « Elle est aussi  nommée la Sonnante, pour les gémissements que la bise tire de ses fissures » écrit le célèbre écrivain auvergnat, Henri Pourrat. Au pied de ces dames, pour nous en tout cas, notre partie de raquettes se joue toujours à la boussole. Jean-Pierre doit amortir son équipement, je vous le dis.  Bizarrement, sa carte IGN commence quand même à s’orner d’un beau trou… Carte qu’il ne faut surtout pas remplacer, parce que le chef y a inscrit trois millions de renseignements perso qui lui permettent de ne pas nous paumer. Merci le chef : au final, on est tous rentrés dans nos foyers douillets, en ayant chaud au cœur et avec de la neige encore plein les yeux…

Chantal Béraud

Photo : portrait de Jean-Pierre en majesté.    

 







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