Carnet de route

Toussaint en Vercors avec les spéléos

Le 09/11/2016 par Audrey MAINGUE

30 Octobre : Scialet du Trisou par le Regard

Les roannais étant arrivés la veille au soir en terre grenobloise, nous décollons tranquillement vers 8h15 de l’appart d’Audrey en ce dimanche matin, direction le plateau d’Herbouilly qui sera notre terrain de jeu des prochains jours.

Certains avaient déjà fait le Trisou par l’entrée classique, mais comme la topo indique qu’il y en a une seconde , « le Regard », qui rejoint le réseau principal à la base des puits avant d’attaquer la balade horizontale, nous décidons de faire 2 équipes. En théorie, chacune équipera son entrée, on se retrouvera au bas des puits pour faire la partie horizontale ensemble avant de remonter de l’autre côté (par rapport à celui par lequel on est arrivé)… Premier challenge, comme à notre habitude : trouver le trou (enfin, le bon). Nous sommes garés un peu trop bas sur la route en réalité, et comme le secteur est caffi de grottes plus ou moins explorées, on trouve trois entrées possibles dans un rayon de 50 mètres autour de la voiture ! En suivant la description du bouquin, Audrey et Christophe montent un peu plus haut sur la route, GPS à la main… bip bip bip, ça y est, ils sont arrivés à destination ! Audrey : « je comprends pas, je vois pas de grotte ! » … Christophe : « normal, t’as les pieds dessus  ! » Et oui, contrairement aux autres grands trous qu’on avait trouvés jusque-là, le Regard est de taille modeste, une sorte de fente dans le talus dans laquelle on s’engouffre, qui cache en réalité une tête de puits ! Retour au parking ; les kits sont prêts alors on s’équipe sagement en admirant les nouvelles bottes cirées à boucles de notre fashionista Christian, quand un autre groupe de spéléos arrive topo en main, également à la recherche du Trisou. Ils ont pour objectif d’aller jusqu’à l’actif au fond, on décide donc de leur laisser l’entrée principale et de tous passer par le Regard. (on pourra remonter sur leurs cordes si certains ont envie de tester l’entrée principale à la remontée).

Allez, une fois n’est pas coutume, ce week-end le but est de prendre le temps de manipuler un peu, ce sera donc Galou qui commencera l’équipement. Main-courante sur arbre irréprochable, nœud de chaise quasi du 1er coup, tête de puits à l’extérieur de la grotte super confort (whaa, mon premier fusion !) et hop, c’est parti, je me faufile dans l’entrée… Il me semble que ça va vite frotter, je cherche des points au niveau de mes pieds pour fractionner, ne vois rien, lève la tête... et voilà, je suis descendue un poil trop bas, les points sont presque au plafond ! Gnrff ; je remonte, me cale plus ou moins en grand écart latéral au-dessus du vide, et, au risque de me faire un claquage de la jambe droite, j’installe un fractio à bout de bras, sans échapper de plaquette dans le puits ! Nickel, je commence la descente, et voilà que trois mètres plus bas je tombe sur 2 spits, ça ressemble sévère à un nouveau fractionnement alors que d’après la topo je devais seulement avoir une dév sur la longueur… Audrey m’envoie de la ferraille supplémentaire, je bricole mon installation et c’est reparti ! La descente est plutôt correcte, dans une conduite assez droite sans être immense pour autant, dont les parois sont recouvertes de mondmilch : impossible de planter un spit là-dedans ! Heureusement, ça ne frotte nulle part au-dessus de ma tête, je descends, je descends, et paf ! Corde trop courte ! A nouveau, solidarité familiale, Audrey m’envoie délicatement un brin de corde, et je goupille un joli passage de nœud pour mes camarades ! Apprentissage toujours : j’avais oublié de redescendre mes bloqueurs avant de me mettre en tension sur mon descendeur, donc galère pour récupérer la poignée trop haute et hors d’atteinte… heureusement en agitant un peu mon cerveau j’ai réalisé que j’avais une pédale qui est bien utile dans ces cas là ! Cette fois, c’est bon, je touche terre, on arrive en bas du puits dans une petite salle assez jolie. Tout le monde se regroupe là et je passe le relais en première place à Christophe. Intermède pédagogique : pour occuper le temps d’attente, Fab fait un décrochage de Christian en croll à croll, et Audrey me décroche ensuite en pédale crollée. Impeccable, ils sont au point ces deux-là ! La suite de la grotte est en effet beaucoup moins large et plus complexe à équiper ; ça commence par une sorte de mini-méandre qui débouche sur un P7 qui démarre en étroiture, assez acrobatique tout ça ! Au pied du puits, on se retrouve à nouveau dans une petite salle. Au menu pour la suite : un P8 aux dimensions de départ encore plus sévères ; Christophe est descendu sans trop de souci, on l’entend pas loin sous nos pieds, alors que Fab se coince (on l’entend aussi racler et pester) Comme ça n’a pas l’air de franchement s’élargir, et que je suis censée soigner ma sinusite, je décide de remonter avec Audrey sans passer par la case P8 ! Cahin-caha nous remontons sans encombre, finalement suivies de près par les garçons qui ne débordaient pas d’envie de continuer cet itinéraire !

De retour à la voiture on essaye de trouver la description du Regard dans la topo (oui, ce sont les deux lignes qui étaient coupées sur notre photocopie), mais nous n’apprendrons rien de plus, à part que cet itinéraire est peu fréquenté ! et on comprend pourquoi, ils auraient pu nous prévenir que c’était si peu large !!

Nous rentrons à l’appartement pas très tard, on en profite pour faire le calendrier de l'activité 2017 !

31 Octobre : Gour Fumant

Lundi matin 7h00, levé des troupes pour cette nouvelle journée spéléo. On fait un petit déj copieux (comme d’hab !) et on se met une nouvelle fois en route pour Herbouilly ;cette fois l’objectif c’est Gour Fumant (une personne de moins dans la troupe aujourd’hui, et oui le patron de Galou n’a pas été sympa, il ne lui a pas donné son pont ;-)  ). Pour cette grotte pas besoin de GPS, on est déjà venu de nombreuses fois, et, perso j’en garde un excellent souvenir.

Le but étant de pratiquer, on se décide pour l’entrée « Gour Fumant » et non pas l’entrée « Faux Gour » qui a moins d’équipement et que l’on connaît plus. Aujourd’hui, c’est Fab qui s'y colle. Il part donc en premier de la voiture pour prendre un peu d’avance, je le suis 5min derrière en laissant nos 2 pipelettes masculines palabrer sur les avantages et inconvénients respectifs du thermomix et du moulinex (euh oui oui c’est le monde à l’envers !!). Je descends la petite sente pour rejoindre Fab qui finit de s' harnacher devant Faux Gour. « Euh Fab, je crois que ce n’est pas le bon trou !! Gour Fumant c’est l’autre dans la doline herbeuse !! ». « Ah, oui bien vu !! ». On rejoint donc la fameuse doline et Fab commence l’équipement. Les petits ressauts et autres puits s’enchaînent super bien équipés. On avance bien, la boite aux lettres n’est pas très technique et on rejoint rapidement le P12 avec sa belle main courante puis le P16 qui nous amène au fond.

Comme on n’a pas très chaud (5°C seulement au thermomètre de Christophe), on décide d’aller tout de suite faire un tour dans la rivière plutôt que de manger. Au bout de 100m, un ressaut pour rejoindre l’actif n’est pas très haut mais le rocher est très glissant et la marche assez haute. On décide par sécurité de poser un bout de ficelle. Christophe part donc récupérer la corde de secours que l’on avait laissé au bas des puits et nous équipe ce ressaut. On rejoint enfin l’actif. C’est vraiment super : petit ruisseau en fond de méandre où il faut alterner oppo quand il y a trop d’eau et marche acquatique ; bref un petit air de Gournier. On ira jusqu’au petit lac où il y a vraiment plus pied et pas d’oppo possible. On fait donc demi-tour, c’est trop beau dommage que ce soit si court !! Au retour les gars vont visiter le réseau du Dragon Chinois puis on retourne au pied des puits où on casse la croûte. On prend un petit café avant de remonter et on laisse descendre une autre équipe rentrée après nous. Ils ont équipé les deux entrées et nous proposent de remonter par Faux Gour pour ceux qui veulent : sympa. Je remonte tranquilou avec Christophe tandis que Christian déséquipe sous la surveillance de Fab. Ça ne l’empêchera pas de faire une « christiannade » dont il a le secret. Et oui si on laisse le kit de la corde en bas du puits et qu’on le déséquipe, on est obligé de le rééquiper pour aller le chercher !! Bon c’était pas très grave ça fait juste perdre un peu de temps. Avec Christophe, on attend à l’entrée du trou le reste de l’équipe, la nuit tombe, il fait frais : -4°C, on appréciera d’autant plus le chauffage de la voiture !

On rentre à Grenoble. Douche, apéro et les merguez de Christian (très bonnes mais effectivement un poil trop épicées) et gâteau de Galou au dessert. Que demander de plus !

1er Novembre : Pot du Loup

Pour la petite grotte du dimanche (enfin, du mardi), on finit avec le Pot du Loup, toujours dans le secteur d’Herbouilly. Pas de souci pour trouver le trou, il est super bien référencé dans le GPS, et on ne peut pas le manquer depuis le chemin non plus, c’est un joli grand puits inratable ! Audrey est à la manœuvre pour l’équipement de la descente : P20 au grand jour, chouette ; escalade de 3 mètres sur une corde en fixe, impec ; P37 plein gaz dans un beau volume, trop cool ; petite main courante pour faire le tour de la base du puits, et on enchaîne P12, P10, P12 avant de toucher terre au fond du Pot (ou plutôt de toucher mer de mondmilch au fond de la grotte…) Tout au long du trajet, les volumes sont plutôt beaux, avec des grosses concrétions et coulées de calcite, ça fait presque une mini pile d’assiettes façon Orgnac au fond. Très bon choix de grottounette du dimanche ! C’est le duo Christophe / Christian qui sera en charge du déséquipement, pendant qu’à la surface on profite du soleil pour aller se promener dans la plaine d’Herbouilly qui est magnifique avec ses reflets dorés et couleurs d’automne diverses. Comme nous avions trop froid pour manger au fond de la grotte on enchaîne ensuite avec un pique-nique au soleil fort agréable, avant de reprendre la route pour nos maisons respectives.

La troupe du week-end : Audrey, Galou, Christian, Christophe, Fab.

Audrey & Galou







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