Carnet de route

Spéléo aveyronnaise

Le 01/04/2017 par GALOU

Pour ce week-end de mars, c’est le chef qui nous accueille dans ses contrées, bonjour Aveyron ! Ce coin charmant mais sauvage n’aura pas failli à sa réputation : en deux jours on aura vu défiler presque toutes les saisons ! Le convoi roannais et le kangoo grenoblois arrivent sur place vendredi soir, tandis que Laura nous rejoint samedi matin après un long périple nocturne en train depuis Paris.

Au programme samedi : le fameux aven Lacas pourrait nous emmener jusqu’à -400m, des explorations y sont en cours de tous les côtés.

Fini le grand soleil et la chaleur printanière de ces derniers jours, pendant que nous chargeons les voitures ce matin le ciel s’assombrit, on se dit en rigolant « à tous les coups ça va tenir jusqu’à ce qu’on se change sur le parking ! » ... et ben ça n’aura pas loupé !

Il y a une heure de route environ pour aller de chez Gour jusqu'au Lacas ; pendant le temps du trajet il va se mettre à pleuvoir, puis à venter+pleuvoir fortement, si bien qu’à l’arrivée près de la grotte on s’arrête faire un point stratégique ; personne n’a envie de sortir de l’habitacle protecteur de nos voitures tellement c’est la tempête dehors ! Gour finit par quitter le kangoo et saute sur les genoux de Fab : « bon, qu’est-ce qu’on fait ? » Au choix : persister sur Lacas avec 15/20 minutes de marche d’approche sous la pluie ou se rabattre sur l’aven de Baoumas qui n’est qu’à 5' (on aurait bien proposé la visite du musée Soulages à Rodez en compensation mais les spéléos ont l’air insensibles aux peintures noires sur noir !) ... De toute façon vu le vent qui accompagne la pluie on sera trempés quoi qu’il advienne ; alors foin d’hésitation, en route pour le Lacas !

Sur place les spéléos locaux sont déjà en train de s’équiper pour leur session d’exploration, sous leurs parapluies géants ; ils n’ont pas l’air d’avoir remarqué que ça décoiffe ici ! Côté roannais, ce sera séance de contorsions pour s’habiller au sec dans les voitures et c'est une armée de petits soldats vêtus de leurs armures en sacs poubelles qui partiront à l’assaut de la grotte ! Bien sûr le temps qu’on marche jusqu’au porche d’entrée, il s’arrête quasiment de pleuvoir, classique de la météo ! L’entrée de l'aven est bien pratique, il s’agit d’une sorte d’amas d’énormes blocs formant un grand vestiaire (au sec donc), maintenant reste plus qu’à trouver sous quel rocher il faut se faufiler pour aller sous terre... Le chef nous laisse fouiner (sans succès) quelques minutes avant de nous montrer le passage, en nous conseillant amicalement de bien mémoriser le chemin car il est fréquent que les novices ne trouvent pas la sortie en remontant ... à bons entendeurs donc. Nous nous enfonçons dans l'antre ; voici déjà le P15 et le P86 fractionné, avec sa super déviation à triple amarrage et le petit pendule pour aller chercher le fractio suivant. Ici il y a déjà de beaux volumes (on a les pieds qui battent dans le vide au niveau de la dév’, il faut sortir les biceps !), ensuite, c’est le P30 qui frotte un peu plus (sans être critique) ; nous sommes dans une grande diaclase équipée avec des petits marchepieds métalliques : c’est confortable ! Un petit passage sur les genoux et quelques bouts de ficelle plus tard nous arrivons dans la salle des Charbons : pas besoin d’être devin, elle porte bien son nom ! On fait une pause ici pour regrouper les troupes (Gour a raccompagné Isa en haut des puits), pique-nique multi-services suivant l’arrivée des kits, et nous voilà repartis vers le « Carrefour », où se séparent le réseau amont et aval (encore un nom bien trouvé quoi !). Le P55 est magnifique, un grand cylindre aux parois sculptées par l’eau, et l’équipement au top, on ne se mouille jamais ! La petite vire à mi-hauteur déroute une partie de la troupe, et c’est donc à six que nous arriverons à l'intersection, après le petit méandre pas si étroit que ça finalement. Encore une fois, les explorateurs locaux sont bien ingénieux : des chenilles d’engin de chantier au sol font office de tapis amortissant et facilitant la progression par glissade, appréciable quand on n’a pas de genouillères !! Après le-dit « Carrefour » nous continuons dans le réseau aval, Gour nous montre les petites merveilles au passage comme ce qu’on renommera les granulés d’Arnica (des perles des cavernes très très fines !), objet d’une séance photo en équilibre mémorable ! Nous nous arrêterons vers le puits du Pendule à -300m environ, en bons roannais on a bien pris notre temps et il est déjà l’heure du souper … Au retour on se fait rattraper par quelques aveyronnais qui ronflent plus ou moins fort sur notre cadence, qu’à cela ne tienne, il y en a que ça n’arrête pas et qui nous doublent à vitesse grand V dans les puits ! Pendant la remontée quelques jurons vont nous échapper (put*** de kit qui s’est coincé, etc...), mais tout le monde s’en sort sans l’aide du chef qui fera un petit voyage inutile pour aller sortir Brynhild de la toile d’araignée « dév’esque ».

En haut du P15, plus que quelques mètres pour retrouver la surface, le chef teste notre capacité à lire la grotte : alors, c’est par où la sortie ? On avait retenu « dedans : gauche, gauche, dehors : droite, droite », c’est bien gentil tout ça mais il y a plusieurs chemins à gauche ! Finalement c’est Audrey qui nous montre le droit chemin (à gauche hein !), c’est celui que j’avais éliminé d’office en pensant qu’il renvoyait au-dessus du puits ... misère !Notre Christian national aura trouvé un passage bien à lui puisqu’il ressort au-dessus des blocs qui nous servent de vestiaire dans le porche d’entrée, mais finalement tout le monde s’en sort !

Retour sans problème aux carrosses, il ne pleut plus, superbe nuit étoilée, on fait une petite pause astronomique en chemin.

Arrivés chez Gour, il faut préparer le dîner, le chef répartit les tâches et nous guide pour confectionner en un temps record un repas qui sera grandement apprécié : cuisses de confit de canard en civet accompagnées d’une truffade au Laguiole (notez bien : ici c’est un fromage, pas un couteau !). C’est excellent, bien mérité après nos efforts de la journée !

Petite nuit écourtée par le changement d’heure, et c’est sous un soleil magnifique (hier hiver, aujourd’hui bonjour été !) que nous allons à l’aven de Baoumas (ne me demandez pas comment ça se prononce...), c’est une grotte facilement accessible et ludique (pour nous comme pour les enfants), ce sera l’occasion de faire un peu de repérage en prévision du stage des jeunes en avril.

Comme la veille, encore une entrée avec un porche géant, qui s’enchaîne cette fois avec un laminoir d’une quinzaine de mètres de longueur (ils sont où les tapis absorbants ??), on arrive ensuite dans une salle au fond de laquelle on trouve le grand volume : P11, R3, P7 et ensuite c’est promenade au fond de cette grande salle et dans de petites galeries avec du sable de partout. L’équipement du P11 sera collaboratif : les garçons portent Isa qui va installer une sangle dans la broche au plafond, nous n'avions encore jamais fait de pyramides acrosport sous terre !!

Remontée en surface sans trop tarder car la route sera longue pour le retour en Rhône-Alpes. Avant de partir on pique-nique (à l’heure du goûter) en se faisant dorer au soleil, cette région est charmante quand le ciel est clément.

Dernier petit coup d’œil aux paysages incroyables des gorges du Tarn survolées par les rapaces pas stressés ; on reviendra dans le coin c’est sûr, on a toujours un musée à visiter !

 

La joyeuse troupe : Audrey, Brynhild, Galou, Isa, Laura, Bruno, Christian, Fab, Gour.

 

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