Carnet de route

Journal d'un initié à la spéléo ...

Le 19/05/2017 par Thomas LANGOUET

Journal d'un initié à la spéléologie

 

L'idée m'est venue de tester enfin la spéléo, avec une amie le week-end dernier.

Après avoir préparé quelques affaires, Audrey vient donc me récupérer pour ensuite rouler de Grenoble City à quelque part dans l'Ain, mais où exactement je ne m'en rappelle déjà plus.

A Ambérieu, au péage d'autoroute, rencontre avec une troupe de gens bien amicaux et souriants : Fabien, Brynhild , Michel, Bruno et ses fistons Marin et Lucas. Nous partageons un petit café avant de reprendre la route, traverser de jolis petits villages et enfin s'arrêter au beau milieu d'une forêt agréable, lieu-dit Dorvan.

Pas encore équipé, j'essaie un superbe bleu de travail en taille 12 ans et constate effectivement que je peux le porter, mais risque de le craquer au bout de trois pas ; je me résigne donc à un classique pantalon ( merci Audrey ), une petite gore-tex® pas trop gore, et teste mon casque.

Michel sort la brioche avec un bon thé ( algues et quoi déjà ? ) ; s'ensuit une marche d'approche de dix minutes pour accéder à l'entrée de la grotte du Crochet Supérieur.

Alors oui, l' « Entrée » ... c'est un grand mot, car je pensais qu'ils déconnaient en me montrant du doigt, tout sourire éclairé, ce terrier pour gros lapins !

Je laisse passer plusieurs personnes, puis décide d'y aller à mon tour, me glissant pendant quelques mètres à l'intérieur en me disant : «qu'est ce que je fous là, concrètement» ; ramping de vingt mètres dans ce petit boyau, une première depuis ma naissance mais je me hisse, tant bien que mal, vers la « pièce » suivante.

Le stress passé et ce tunnel pour « suricate » exigu passé, nous arrivons sur une petite salle suffisamment haute par endroits pour y tenir debout ( ou presque ) ; les gouttes d'eau au plafond le transformant en un dôme scintillant d'or et d'argent, les yeux commencent doucement à s’écarquiller, découvrant un monde nouveau.

Après une courte explication des manips, nous descendons un petit puits de six mètres environ avec une déviation, et le bruit d'une cascade apaisante sur notre gauche ; la manip est pourtant simple, mais le stress et le bruit ambiant m’empêchent de comprendre et d'entendre les directives pour passer cette « dév » ( un peu courte qd même … !)

Mes pieds touchent le sol et j'observe ce nouvel univers qui m'entoure, regarde les parois lisses et m'émerveille, petit à petit, de cet environnement encore inconnu quelques minutes auparavant. Après que tout le monde soit descendu, nous partons nous promener dans un méandre ; j'essaie tant bien que mal de rester au sec (étant le seul en baskets … je ne me ferai pas avoir la prochaine fois !) en m'amusant à progresser en opposition tout du long ( je me découvre 27 muscles, 2 jours plus tard !) ; nous traversons des passages sublimes, rampons, découvrons de superbes concrétions, fistuleuses et autres singularités de la pratique. Fatigué de progresser en « opo » tout du long, je décide de goûter la fraîcheur de l'eau souterraine qui s'infiltre doucement par mes pieds ...

Nous revenons sur nos pas et découvrons une autre partie, très vaste (la Grande Salle), magistrale avec des formations merveilleuses ; la rivière s'écoule sous nos pieds ( trempés ), j'observe à la frontale et suis sans voix. Une sérénité s'émanne de cet endroit particulier ; je commence à comprendre le coté addictif de l'activité et au final de se retrouver comme un gosse, plein de boue, à crapahuter sous terre ! ... Quelques photos de groupe plus tard, nous allons un peu plus bas, jusqu'à apercevoir un gouffre, je me crois dans un Indiana Jones, littéralement !

Après de nombreuses explications géologiques, du travail de l'eau pendant des siècles (...), son chemin parcouru à travers les galeries, les strates de roches sédimentaires bien visibles, les coups de gouge, ou encore les formes hallucinantes que peuvent prendre les concrétions de calcite sur des millénaires ; je cherche des fossiles du coin de l’œil et observe les yeux grands ouverts, et les pieds bien trempés.

Nous retournons sur nos pas, tout en jouant avec le décor et faire quelques chouettes images.

Retour au puits, apprentissage de la remontée sur corde, et petit casse-croûte bien mérité.

L'ambiance est au top, l'équipe est au top, les petites anecdotes des expés passées se racontent ; mais le corps se refroidit rapidement, il est temps d'y retourner.

Nouvelle montée de corde (5m) le long d'une paroi qui jouxte la cascade ; c'est assez glissant, mais pas de soucis pour arriver au dessus, et observer le lieu sous un nouvel angle.

On avance, passons par une galerie étonnante et on se « faxe » littéralement par endroits ; je commence à vraiment prendre goût quand soudain, Audrey et Brynlild passent par une sorte de chatière, je crois rêver mais non, ça passe ... Les pieds devant moi disparaissent et doivent donc bien réapparaître de l'autre coté ?

Après hésitation de certains (pour le premier comme le second passage) on accède à une nouvelle galerie intéressante, de belles concrétions, des « fistulines » et une grande pièce où coule un filet d'eau.

Quelques bouts de galeries partent vers plusieurs endroits, mais se terminent rapidement... L'exploration est vraiment chouette.

Marche arrière, nous retraversons le boyau (à chacun sa technique pour ne pas se mouiller ... ou presque ), redescente sur corde et de nouveau, le ramping de vingt mètres avec de jolies araignées au dessus de nos têtes … avant de regagner l'air libre et la terre ferme.

On ressort plein de boue, mais avec des sourires de gosses sur nos visages.

Moi je dis oui pour une prochaine session, mais sans trop de ramping … Hein ? Promis ?

 

Tom.

 

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