Carnet de route

Spéléo ... Objectif -1000 !

Sortie :  Spéléologie "grand S" du 12/08/2017

Le 02/09/2017 par Audrey MAINGUE

La lecture (...quasi rabâchée) de « Opération -1000 », livre relatant la découverte et  l’exploration du premier -1000m de l’histoire de la spéléologie ainsi que ma rencontre avec Rémy Limagne, grand organisateur des camps de dépollution du gouffre depuis cinq ans ont été les éléments déclencheurs de : « et si cette année je tentais le gouffre Berger ? ».

Petits appels à Gour et Fab : «  J'irais bien au Berger cet été Cyril, comme tu connais … tu nous emmènes ?  »

L'affaire est conclue, nous serons tous les trois au camp Berger 2017 pour le week-end du 15 août !

J-5  = Il pleut des cordes sur le Vercors, descentes interdites dans le gouffre au-delà de -640m

J-4 et -3 = Il ne pleut plus, descente possible mais beaucoup d’eau annoncée en dessous de -640m

J-2 = Trombes d'eau sur le plateau, on reste au camp ...

J-1 = On peut descendre mais toujours plein d'eau en dessous de la cote -640m.

Bon, la motive est toujours là mais nous sommes avertis, il va falloir se mouiller ! Avec les deux gars, on se retrouve au camping Les Buissonnets samedi 12h (camp de base officiel  très accueillant). C’est décidé, nous descendrons dans le gouffre demain, dimanche.

Samedi après-midi : Préparation  tranquille de nos affaires : matos technique, nourriture (« coquillettes 3 min » achetées en catastrophe ...), réchaud ( moi ? Gour ? → bon, moitié-moitié), eau, point chaud, trousse de secours, etc…

La question de la combinaison néoprène reste en suspens un long moment : on aura plus chaud si on se mouille avec une combi ; normalement on ne trempera pas beaucoup mais le vêtement mouillé est lourd et prend de la place… Bref, le choix n’est pas évident ! Finalement c’est le hasard qui décidera : face = pas de néo, pile on prend. FACE ! pas de combinaison donc ...

Pour nos voisins de camping de Perpignan, c’est la question de l’heure de départ qui fait débat. Notre choix a été fait en une seconde : nous serons au parking à 7h00 ; du coup départ du camping à 6h15 ... Ça va piquer un peu ! Et oui, sur ce coup, pas de négociation possible avec le chef…

Samedi soir : Un bon plat de pâtes et au lit pour un dernier repos avant l’effort.

Les cloches qui sonnent toutes les 30mn et un peu de stress me réveillent à 3h30 et je ne ferme plus l’œil jusqu’au lever : ça y est c’est le grand jour, Berger en vue !

Petit déjeuner, route et marche d’approche s'enchaînent bien ; même si on part du camping avec dix minutes de retard, au parking Fab a rattrapé le retard ! On est dans le timing à l’entrée du trou ! Équipés,  c’est enfin parti pour l’aventure. Entrée sous terre à 8h45.

La descente des puits d’entrée, entrecoupée de deux courts méandres assez confortables jusqu’à -240, se fait assez rapidement. C’est beau ! Les puits sont vraiment esthétiques avec leur grand volume et leurs parois lissées (mon préféré : celui du Cairn). Quand on pense aux premiers explorateurs qui descendaient et remontaient tout à l’échelle, on se dit qu’on est vraiment des rigolos comparés à eux : chapeaux bas !

On arrive ensuite dans les grandes galeries à 10h05, nous repérons bien le parcours car au retour, il s’agit de ne pas se tromper de réseau (les galeries Petzl et de la Boue sont en embuscade !). Heureusement une lunette de WC (oui, oui vous avez bien lu, on trouve de tout sous terre ! Vous comprenez pourquoi des camps de dépollution sont mis en place ...) indique le chemin !

On arrive ensuite au lac Cadoux (c’est vraiment un lac ce coup-ci Gour !) qui me vaudra de me baigner jusqu’aux cuisses malgré la main courante. Bon, ben ça c’est fait !

Nous continuons ensuite par la salle Bourgin (attention ça glisse !) et 3 ressauts (dont la cascade du Petit Général et la cascade de la Tyrolienne pour prendre pied dans le Grand Éboulis. En dessous, on arrive au camp 1 et à la Salle des Treize ; il est 11h10.

La Salle des Treize est vraiment marquante car très concrétionnée pour être dans le Vercors ;

c’est magnifique et j’imagine la joie des premiers explorateurs quand ils l’ont découverte.

On n’est pas trop en retard sur l’horaire, jusque-là tout se passe bien, bref « tout va bien on continue » … après une dizaine de minutes passées à faire quelques photos bien sûr !

Prochaine étape le Vestiaire ! Avec au passage le Vagin.

Arrivés au Vestiaire à 12h15, pas besoin de se changer puisque nous n’avons pas pris la néo… Nous enchaînons sans plus attendre par les Couffinades. On constate qu’effectivement, il y a un bon niveau d’eau. Il n’empêche pas la progression mais la rendra un peu plus physique (en tout cas pour moi). Il faut se tracter sur les mains courantes pour ne pas trop se mouiller le bas du corps, et faire des tyroliennes ou le « cochon pendu » pour ne pas prendre de « bain de siège » ; bref j'y laisse une énergie folle. Par contre c’est beau avec les fistuleuses qui pendent du plafond ! Nous mettrons tout de même 55 mn pour les passer !

Ensuite c’est le réseau des Cascades avec ses rappels guidés et la mythique cascade Claudine et son mât (d‘époque) qui sert toujours pour aller à la tête du puits. Quelques cordes ont souffert des crues et sont bien abîmées (coupées ou dégainées). Il faudra remonter doucement et se faire léger !!

On prend enfin pied dans le Grand Canyon à 14h50. C’est vraiment très grand et très pentu !

Je décide de m’arrêter là ! Les différentes vires et rappels guidés des Couffinades et du réseau des Cascades ont eu raison de mon énergie et de ma motivation. Il faut bien en garder un peu sous le pied pour la remontée.

Un petit tour au spot poubelle où chacun récupère un peu de lest pour regagner la surface  (vieilles cordes, bouts de ferraille divers, échelles,  le choix ne manque pas !).

Un bon repas, histoire de bien préparer le retour (enfin sans la soupe et les pâtes promises par le chef ! C’est moins pratique la cartouche de gaz sans le réchaud !! Allez, on ne t’en veut pas, il ne fait pas si froid que ça : 6° !) .

Après cette longue pause, il est temps de remonter. Nous repartons à 15h50.  Ça ira « tranquilou » sur les cordes « tonchées » du réseau des Cascades puis légèrement en force sur ces B--bip--…  de vires des Couffinades (heureusement que c’est joliment concrétionné !!) et retour au Vestiaire (le plus dur est fait je pense, enfin on verra bien !). Nous aurons mis 1/2h de plus qu’à l’aller.

Nous commençons à croiser quelques groupes  rentrés dans le gouffre après nous. D’abord ce sont des espagnols, puis un mixte d'américains-polonais, puis les futurs « B.E. » français ; enfin nos forts sympathiques voisins de camping perpignanais. Chaque rencontre est l’occasion de dire deux mots, c’est vraiment sympa !

On poursuit notre remontée jusqu’à la Salle des Treize et le camp 1, il est 20h15 !! J’ai l’impression que l’on vient de repartir du Grand Canyon mais le temps file si vite ; encore une faille temporelle souterraine !

Du coup, nouvelle pause casse-croûte au chaud sous nos spéléo-ponchos avec nos bougies. Mais là, à un moment donné, il faut bien en sortir de ces petits cocons bien chauds. Bon j’enlève ma pelure et on y va, on ne traîne pas !! Allez Fab, il y a plus que toi qui n’es pas sorti de ton poncho !

Après cette halte qui a requinqué  la troupe, nous attaquons la montée du Grand Eboulis à 21h00. Puis apparaît la série de petites cascades et enfin, on repasse le lac Cadoux qui a bien baissé depuis notre passage aller : pas loin de 50 cm ! Tiens la lunette de toilette a disparu, quelqu’un a dû la remonter ! Nous ne nous sommes pas fait avoir : nous avions bien repéré le lieu. Ah le chef, quand il nous dit de regarder derrière nous quand on descend, ça a du bon de l’écouter !

On arrive ainsi à la zone des puits à 22h30. De nouveau, une petite pause bar(res) de 20 mn et nous  poursuivons la grimpe que je réalise tout doux : je commence d’être bien rincée ! Arrive le méandre : la fatigue fait que le moindre accros à la progression devient une montagne ! Du coup, je galère à me vacher sur une vire, Gour me propose de prendre mon kit. Le drame, les nerfs lâchent je fonds en larmes ! Bon le méandre passé et ma crise  finie, je reprends la montée (bon, à mon rythme de tortue !) sans encombre et de nouveau avec mon kit !

2h00 : tout le monde est dehors, crevé mais très content.

C’est sûr, l’année prochaine je m’entraîne plus et je vais au fond !

1h30 de rando plus tard, retour à la voiture dans laquelle je m’endors avant le premier virage je pense. Merci chauffeur et copilote !

Lundi : repos, repas et apéro toute la journée en compagnie des perpignanais et de Micka, (nos voisins spéléos du camping).

Bref ce fut un excellent week-end, plein de rencontres et super expérience dans le mythique Berger mais comme on a fait qu’une ¾ de croix, il faudra revenir !!

Pour notre chef, il enchaînera avec une semaine d’encadrement de 14 jeunes de la Fédération Française de Spéléo qui se sont donnés comme objectif de déséquiper ce gouffre !

Participants : Cheveuxdefeu, Gour et Fab

TPST : 17H15

Objectif atteint : -740m, haut du Grand Canyon

 

Audrey.

 

 

 

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