Carnet de route

Dent de Crolles en traversée P40-Guiers Mort

Sortie :  Spéléologie du 09/09/2017

Le 23/09/2017 par Michel DRUERE & Brynhild MASSARDIER

Dimanche 10 – Saint-Hilaire du Touvet …

Michel = Le rire sonore des filles sortent deux retardataires de leur dortoir, il n'est pas loin de neuf heures ; le déroulé-carré de mes genoux doit quelque peu inquiéter les « lève-tôt » attablés au pied de l'escalier de meunier (craignant sans doute mon atterrissage parmi leurs bols?) car les petites attentions fusent : « Ça va Mich, les jambes plient ? »- « Faits gaffe quand même, les marches sont traîtres ! » Laura se pointe dans la foulée, sans dévisser non plus, à l'aise sans ses pompes !

Bonne humeur générale. Après un bref inventaire des courbatures, matinée tranquille pour la plupart d'entre-nous : tri du matériel en commun, (le parking ressemble à un vide-grenier …) puis séance de Yoga pour l'une, mini-tournoi de « ping-pong » pour d'autres (Galou gagnante haut la main) … et farniente pour notre chef, ce n'est pas coutumier ! Plus courageux, Brynhild, Fab et Chricri partent à la recherche du gouffre Thérèse, histoire d'avoir encore quelque chose à se mettre sous la Dent pour une prochaine expédition …

Brynhild = Nous serons stoppés par vent, pluie et brouillard, mais ce n'est que partie remise ; nous n'avons pas dit notre dernier mot, Thérèse !

Mich = Vers le milieu de l'après-midi, chacun reprend sa route , enchanté par ce magnifique w.e. drôlement bien mené, organisation « Mainguettes » au top !

 

Retour sur image …

 

Vendredi 8

Mich = Le soir, au chalet-gîte de Saint Hilaire : pendant que Audrey, Christian et Galou gèrent les navettes de véhicules à Perquelin, Brynhild, Fab et moi, vite rejoints par Cyril et Laura, nous attachons à la révision des techniques de rappel de cordes, à l'enkitage et la préparation d'un ravitaillement conséquent, de quoi tenir une quinzaine d'heures ; le timing est l'affaire du « chef » !

Bryn = Après étude du plan des réseaux de la Dent de Crolles, (env. 60km de développé total …) deux équipes sont constituées, avec des projets d'entrée différents mais sortie commune au Guiers Mort.

- Grande traversée P40-Guiers Mort pour les équipiers de Gour : Cheveuxdefeu, Fab, Chricri et moi. Pour nous, réveil à 5h15 pour une entrée dans le puits prévue à 8h30 *.

- Trou du Glaz-Guiers Mort avec l'équipe « réserve » : Galou, Laura et Michel, une grasse matinée pour eux (veinards !) ... à condition d'être au départ du Trou à 13h30, super !

Les deux groupes se donnent rendez-vous demain au bas du puits de l'Ogive à 14h30 ; tout le monde au lit, grosse journée en perspective !

 

Samedi 9

Bryn. = 5h15 … réveil dur-dur, mais la motivation est toujours là. Nous laissons la voiture au Col du Coq à 6h45 et à 8h nous sommes, six cents mètres d'altitude plus haut, au bord du P40 et tout à fait dans les temps. Entrés dans le puits 8h45, * (chef … elles sont passées où les 15'?) notre première difficulté s'annonce juste après sous forme d'étroiture « coriace » ; chacun use de sa technique et ressources propres … et ça passe. Gour peut maintenant rappeler la corde mais plus de retour possible, il faudra aller au fond ! Les puits des Trois Sœurs, des Orbitolines se descendent sans problème, nous avançons bien … jusqu'au Méandre de 90m, de mauvaise réputation. C'est pour cela que Laura et Galou n'ont pas voulu retenter cette fois-ci, s'étant perdues en y laissant les trois quarts de leur énergie deux ans auparavant. Heureusement, bien guidés par Cyril, il ne nous faut pas moins d'une heure et quart pour s'extraire du serpentin ! Viennent ensuite le P. des Pompiers et un second méandre moins compliqué que nous traversons sans trop nous plaindre (le premier est encore bien dans nos têtes !). Suivent les quatre puits du Balcon et celui de la Douche ; ce dernier nous vaporisera plus qu'il ne nous mouillera franchement, l'idée de se doucher ici ne réjouissant personne ! Arrivés au sommet du puits de l'Ogive nous ne décelons aucun signe d'activité de nos collègues du Glaz … serions-nous les premiers ? Gour, Fab et Christian ont juste le temps de descendre que retentissent les éclats de voix de nos comparses de l'équipe 2 ! Il est 14h40 et tous réunis à l'endroit prévu … improbable Timing !!

 

Mich = Samedi, 11h30 : les filles et moi avons pris tout notre temps pour rallier le Col du Coq, puis encore 50mn de marche en direction du Trou du Glaz. Une pluie cinglante sous les rafales de vent nous cueille dès la sortie de la forêt ; c'est déjà bien trempés que nous nous abritons sous le porche d'entrée. Un casse-croûte vite avalé, thé ou tisane bien chaud, toilettes pour dames à droite celles pour homme à gauche (en regardant la vallée) … et on y va sans traîner (à peine 6° sous la voûte).

Galou, escortée par Laura prend en charge l'installation des rappels (superGalou qui sait tout faire : gestion d'hébergement, cuisine aux p'tits oignons, technique spéléo …!) Laura bat de la semelle (et ça ne s'arrange pas au fil du temps … c'est quoi la marque ?) moi je ferme la marche, récupérant les cordes après usage (j'ai pas dit usagées !)… et ça tourne rond ! Les trois premiers puits de la Lanterne se dévalent « doigts dans le nez », comme nous amuse la chatière du Polonais (?). Notons qu'un balisage aussi efficace que discret est en place, c'est plutôt rassurant.

En aval de la galerie du Marécage, Galou ne cache pas sa joie à la vue des lampes de Cyril et Fabien déjà en train de se restaurer ; Audrey, Brynhild et Christian déboulent à leur tour de l'Ogive …

C'est « pile-poil » à l'heure convenue que nous fêtons nos retrouvailles : soupes (grand choix), thé, café … soyons fous ! Je regrette finalement de ne pas avoir amené la fondue savoyarde et vin blanc du cru. Quelques p'tites histoires à se conter, dont la« christianade » du jour : le gaillard a encore essayé de doubler tout le monde en posant son descendeur sur le brin « rappel » de la corde et en libre de plus … Le plan vigie-pirate a heureusement bien fonctionné !

Bryn = C'est donc à huit que nous reprenons notre traversée pour une seconde partie moins technique mais plus longue, agrémentée après les P.L.4 et P36 de deux méandres impressionnants et glissants, différemment appréciés selon notre maîtrise de l' « oppo » ; bref, je suis moins à l'aise mais peux toujours compter sur mes équipiers lorsque les choses se gâtent … Entraide et bons conseils me permettent de continuer notre défilé dans les puits de l'Arche, des Malchanceux, des Binoclards, les galeries des Champs-Elysées et des Champignons, avant de venir butter contre la sublime Cascade Rocheuse ; ses 41m d'escalade nous réchauffent un peu.

Mich = La démarche de Laura se fait « zavatesque » ; le temps passe, ses chaussures trépassent et à force de ligatures avec des sangles elles prennent un air spartiate. Il va bien falloir que ça tienne !

Bryn = Nous nous apprêtons à franchir la dernière difficulté, le Réseau Sanguin … et je sais que les spéléos nomment toujours très à propos les passages « remarquables ». En effet, un joli ramping d'une centaine de mètres nous sépare de la sortie, émaillé de trois étroitures (type Sableuse pcqc).

Je suis bien encadrée par les « Mainguettes », on avance bien mais, suite à une maladresse, je me coince … un peu ! Grâce aux conseils de Galou, je m'en sors.

Mich = Bon, imaginez mon émoi en entendant Brynhild nous déclarer qu'elle n'arrive pas à passer ?! Stupeur et tremblements … jusqu'à ce que je me rende compte qu'elle était la seule à tenter un « pieds devant » avec son kit (presque) sur le dos ! Je m'en sors aussi, mais moins élégamment !

Bryn = Nous sortons tous du boyau sans y laisser une goutte de sang, juste une paire de semelles...

Michel nous fait bien rire avec son traditionnel « c'est plus de mon âge ! »

Nous pénétrons dans la Grande Salle du Guiers Mort, immense ; je sens l'odeur typique de l'extérieur. Il est 22h et avons passé 13h30 sous terre pour les matinaux, 9h pour les « touristes » et,

plus ou moins fatigués, nous sommes tous enchantés de ce dernier épisode souterrain.

Il n'est pas trop tard pour s'offrir l'apéro en se remémorant la fabuleuse journée et enfin … déguster le délicieux menu élaboré par Galou*** : sauté de porc au miel et son accompagnement de ratatouille et riz puis terminer sur une tarte aux pêches, … un grand merci !

Il est 2h ce dimanche lorsque l'on tire le rideau.

 

Brynhild & Michel.

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