Carnet de route

Chacun son Everest !

Sortie :  Spélo - aven Everest, Licorne ... du 03/02/2018

Le 19/02/2018 par Murielle R. & Michel D.

Un w.e. découverte de la spéléologie ... Pour moi, c'est une première fois.

Quelques heures de préparation afin de découvrir le matériel et les manipulations un dimanche matin à la salle de Malleval, et me voilà partie le vendredi soir suivant en direction du Gard. Une nouvelle aventure attend notre groupe de 13 personnes de tous niveaux, des aguerris et des novices.

À l'arrivée au gîte, un plaisir évident de se retrouver et de se trouver, de faire connaissance, quelques mots, quelques phrases échangées. Notre planning du lendemain est validé par nos organisateurs, Audrey, Fabien, Michel, Lysiane et le reste du groupe.

Samedi, immersion dans la garrigue, nous partons en reconnaissance de l'entrée de la grotte. Prenant une sente à peine perceptible, partageant le territoire avec les chasseurs en pleine battue, assistant bien malgré nous au face à face sanglier/chasseur, première émotion qui a valu à Audrey de me récupérer dans ses bras au son d'un coup de fusil, un arbre mort et nous voilà devant l'entrée ...

Comment ont ils fait pour trouver cet orifice camouflé dans la garrigue ?...

La descente dans la cavité, premières interrogations:

  • Est ce que je passe dans cette étroiture ?

  • Est ce que je vais pouvoir remonter ?

  • Est ce que je saurai les différentes manip ?

  • Est ce que.......

    Toutes les questions s’arrêtent devant la beauté des lieux, témoignage d'une histoire bien lointaine décrit par nos accompagnateurs passionnés : la construction des différentes cavités, les reliefs, les concrétions dus à la présence de l'eau il y a bien longtemps. Nous découvrons l'échelle chronologique où la présence humaine est minime. Nous découvrons un passé quand l'homme n'était même pas né !

    Et là, devant nos yeux, ces quelques centimètres de concrétions qui se sont développés en quelques centaines d'années !

    Nous contemplons un témoignage du temps passé...

    Les sensations sont différentes sous terre :

  • les sons,

  • les odeurs,

  • le noir absolu.

    Un monde extraordinaire sous nos pieds, qui se respecte et se mérite.

 

Un grand merci et un grand respect pour nos « guides » qui partagent leur passion et montrent beaucoup de patience avec des novices comme moi.

Murielle.

 

 

La moitié du territoire est en « alerte météo », de la neige, de la pluie, le zouave de l'Alma en a ras les … cuisses et même notre Chef est refoulé dans ses pénates par une tourmente bien cévenole !Vendredi soir, les « roannais » ont pu rallier Saint Denis, notre îlot de grand beau temps gardois, sans encombre et en nombre. (13!) Lysiane, Michel et Christian investissant d'abord le gîte, Audrey et Estelle précèdent le dernier convoi avec Franck, Bruno, Murielle, Isa, Fabien, Sébastien et nos compères stéphanois, Marianne et Jean-Christophe, attrapés au passage. Nous finissons par occuper tout le premier étage de Maison Carrée, pour une chouette réunion de famille qui, sans forfait hélas de quelques uns, aurait tourné à la « cousinade » !

Samedi : compte tenu du nombre de participants, le programme n'est pas trop ambitieux avec deux cavités remarquables, et qu'aucun de nous ne connaît ; aven de l'Everest et Baume de Bret feront notre bonheur.

Deux groupes s'y croiseront sur les deux jours : un premier, encadré par Audrey et Fab afin de sécuriser parfaitement nos trois nouveaux adeptes, Murielle, Marianne et Seb ainsi que J.Christophe et Chri-cri ; pour eux direction l'Everest. (nommé ainsi, en rigolant, par les premiers explorateurs à cause du raidillon d'accès depuis le pied de la piste ; ils étaient tout de même chargés du matériel pour déblayer le premier puits jusqu'à -12m)

La seconde équipe « méthode ancestrale » avec Michel, Lyse, Franck, Isa, Bruno et Estelle, s'engage dans la Baume de Bret pour une version moins académique de la spéléologie.

Sans aide du GPS «club » (ben oui, comme le « pantin » … on n'en a qu'un!) mais avec le concours presque autoritaire des chasseurs locaux, nous n'avons pas tardé à trouver l'antre, anciennement occupée par l'homme avec un site d'extraction d'huile de cade à proximité. Elle est étrange cette voûte en partie murée, séparée en son centre par une colonne de calcaire et qui ressemble, vue depuis l'intérieur, à un masque de géant … Tout de suite à droite dans « la gueule du titan », une lucarne de 50x40cm (ça commence bien!) donne sur une galerie pentue parmi quelques effets stalagmitiques ; un laminoir de 150x40cm nous amène par un ressaut descendant, au départ du P19 que j'équipe. Ce gosier en pente raide est encombré de nodules qui sont compliqués à esquiver sans frottement pour notre belle corde ; quelques petits ajustements de Franck et une déviation supplémentaire limitent les frictions … un peu.

Plus rigolote est l'escalade d'une diaclase de 6 m un peu glissante, par une corde fixe en excellent état, mais difficile à suivre, contournant un bitoniau puis enjambant une faille à l'aide (?) d'une sorte de pont népalais (!?) pour arriver au sommet de la belle salle du Pilier.

On reprend notre souffle et une photo, puis on repart dans le réseau Félix Trombe, au sol un peu gluant, descendant entre de belles parois jusqu'à un joli gour d'eau limpide, enchâssé dans une grosse coulée de calcite. Sur sa gauche, un soupirail s'ouvre sur un ressaut de 2,2m qui ne m'inspire pas du tout ... Les plus courageux, Estelle, Isa et Bruno s'y fondent et prolongent leur explo un poil plus bas. Lyse, Franck et moi visitons les hauts de la galerie de fonds en combles : Balcon, puits de Jonction, jusqu'à la cime de la Trémie, abondamment concrétionnée, propre et blanche. Quelques coulées sont emperruquées de racines … la surface ne doit pas être très loin.

Regroupement de tout notre monde et, comme prévu, la descente de six mètres nous donne du « fil à détordre » ! Çà patine un peu aussi dans la remontée du larynx de 19m mais nous en ressortons tous honorablement ; j'ai récupéré notre corde, pour faire moins désordre …

Différentes versions de notre épopée, natures ou aseptisées, se racontent autour de l'apéro puis de l'excellent dîner qu'Estelle nous a préparé … une étoile de plus au « Gros de Millau » des spéléos !

On en profite aussi pour fêter dignement l'anniversaire de Lyse … et oui, déjà, encore !!

Maison Carrée, premier étage : soupirs et ronflements

Dimanche : On retrouve les mêmes, seuls les objectifs s'inversent et pour nous ce sera donc Everest.

Nous avons « bartassé » une heure à la recherche de l' « arbre mort »marquant le rebord de l'aven … et nous rendre compte qu'il n'est pas seul dans son état ! Mais ma mémoire est encore fiable.

Une margelle confortable et les agrès laissés par nos collègues la veille, nous invitent à la descente du premier P7 (équipement luxueux !), s'ensuit un couloir abrupt (attention aux parpaings !) jusqu'à ce qu'une coulée de calcite obstrue le goulet. Estelle, Bruno puis Isa et Lyse passent comme des lettres à la boîte. Franck, un tantinet défaitiste, signale aux suivants que le passage menant au P10 est réservé aux « timbres Poste » et là, je me dis que pour nous deux l'Everest ne mesurera jamais que -12m ! :-( Mais c'est sans compter sur le sens de l’observation et l'opiniâtreté de Lysiane revenue à notre hauteur pour nous manœuvrer littéralement dans la tranchée en « baïonnette », et puis ça passe ... Merci Lyli !!

Ralliement à l'étage d'en-dessous, le temps s'écoule trop vite et il est clair que la récupération du matériel en aval repose désormais sur Estelle et Bruno, soutenus par Isa ; ils s’acquittent de la tâche sans renâcler, pendant que le trio d'anciens retourne et s'extirpe sans trop batailler du boyau chicaneur.

A 16h30, avec un peu de retard sur l'horaire prévu initialement, nous sommes tous réunis vers le pont de Montclus, les deux équipes enchantées de leurs découvertes respectives ; nous n'avons pas exploré tous les réseaux ni dépassé -65m dans tous les cas, mais c'était beau … il faudra revenir encore, et si quelqu'un veut bien équiper la suite, je remettrais bien une pièce dans le bastringue !

 

Michel.

 

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