Carnet de route

gouffre Berger jusqu'à -640 avec Galou ...

Sortie :  gouffre Berger du 11/08/2018

Le 09/09/2018 par Gaëlle MAINGUE

Samedi 11 août. Après quelques mois de préparation (plus ou moins intense…), voici arrivé le week-end où on descendra peut-être au fond du fameux Berger ! Depuis le début de la semaine, on vérifie la météo 3 fois par jour, en comparant différents modèles, en croisant les doigts pour que le beau temps se maintienne. Ce sera presque le cas, l’orage est prévu pour lundi midi, et on descend demain, donc ça devrait passer ! Étant les locales de l’étape, on rejoint les autres au camping de Méaudre pour le déjeuner, l’après-midi sera consacrée à la préparation du matériel pour la descente de demain. Sous le soleil, la pelouse du camping est petit à petit recouverte de notre étalage d'équipement, puis regroupement autour des kits et ajustement des bidons en fonction des objectifs (je serai autonome car pas sûre d’aller en bas avec les autres), le tout rythmé au son des vérifications répétées autour du réchaud : « on a bien la casserole ? et le brûleur ? et la cartouche de gaz ? » … léger traumatisme de l’année précédente ! On se couche avec les poules à peine la nuit tombée… la nuit sera courte, réveil prévu à 4h… Comme en refuge, on se repose à l’horizontale plus qu’on ne dort, entre l’excitation de la descente du lendemain, les cloches de l’église qui sonnent tous les quarts d’heures et les basses d’une probable rave party dans les bois !

 

Dimanche 12 août 4h00… c’est avec l’impression de n’avoir pas fermé l’œil de la nuit qu’on s’extirpe de nos duvets… 5h00 : tout le monde est prêt pour le départ, après un petit-déj improbable en pleine nuit ! Petit tour de carrosse pour rejoindre le parking de la Molière, et c’est parti pour un bon 45 minutes de rando pour accéder au trou. Comme je risque de ressortir sans « guide », les autres me font remarquer les 3 carrefours stratégiques, et je m’invente un moyen mnémotechnique perso pour retrouver mon chemin : LGM = La Galou Maingue pour les initiales des lieux dits à suivre : Lapiaz – les Génisses – Molière ! Le trajet prend des allures de carte postale sur les crêtes avec la lumière du jour naissant qui dessine les reliefs de la chaîne de Belledonne et de la Chartreuse en face de nous, avec, en bonus, un beau Mont Blanc en arrière-plan, c’est magnifique ! Presque tous les autres connaissent le chemin et sont déjà descendus dans le Berger ; on y arrive donc sans encombre, avec le lever du jour. 7h20 : ça y est, tout le monde est habillé, équipé, inscrit dans le cahier, on se met en rang d’oignons en haut du premier puits pour immortaliser la joyeuse troupe roannaise (et assimilée) qui part à l’assaut du Berger cette année ! Ça commence pas trop sévère, avec un P8 en bas duquel il fait encore jour. Une petite glissade sur le postérieur sur une sorte de plaque-bloque-trémie au sol et nous voilà en haut du Puits Ruiz (P27), des Ressauts Holiday puis du puits du Cairn (P25). Là ça commence à être large et majestueux, comme les images qu’on a en tête quand on dit « Berger » à un spéléo ! Le cairn est bien là, une petite photo souvenir et hop, on continue, faut pas perdre de temps ! Sauf que là, on attaque le méandre, alors pour la rapidité on repassera ! Gour me talonne pour activer tant que possible le boulet du méandre que je suis… rien n’y fait, même si ça ne vaut pas le méandre de 90m du P40 à la dent de Crolles et qu’il est globalement confortable, je traîne les pieds (et surtout les genoux) et progresse à la vitesse d’une limace dans ce machin !

Bon, cahin-caha on finit quand même par sortir du tuyau et on rejoint les autres pour descendre le puits Garby (P38), le puits Gontard (P30), les ressauts et le puits Aldo (P42). Là à 250m environ, on arrive enfin au sommet de la Grande Galerie, et bizarrement, on a tous un peu chaud ! Gour s’arrête quelques instants pour enlever un pull, youpi, on s’assoit tous et on commence à sortir les en-cas et les gourdes… « ha non, non, on s’arrête pas là hein, on fera une pause quand on aura atteint la salle des 13 !!!! » … ok, on remballe tout en un éclair et on se remet en route alors ! même pas contesté, il a de l’autorité ce chef quand même ! Au passage, il nous fait bien noter que pour la remontée il ne faudra pas s’enquiller dans la galerie de la Boue qui arrive à notre droite… m’enfin ! il faudrait enjamber la rubalise au sol et aller se mettre dans un boyau pas large et boueux, je crois qu’on se poserait des questions au bout d’un moment ! On progresse donc dans la Grande Galerie sur le cheminement le plus évident (merci Chef pour les bons conseils quand même : quand on sait pas où passer, c’est globalement toujours en rive droite… ça me sera bien utile à la remontée !), et on traverse ensuite le lac Cadoux presque sans s’en rendre compte, car il est à sec ! un petit filet d’eau coule au milieu de la salle, mais finalement le plus drôle c’est notre démarche « pingouinesque » quand on essaye de franchir les passages marécageux/glissants de fond de lac ! Après quelques zips mais sans chutes, on quitte le lac, et on se lance à l’assaut du Grand Éboulis. Si jusque-là, c’était déjà pas petit-petit en termes de dimensions, là ça devient carrément majestueux ! Les efforts conjoints de toutes nos Stoots© arrivent à peine à éclairer le bas de l’éboulis pour nous donner une idée du volume… Enfin, après avoir cavalé pour rattraper l’horaire, on atteint le bivouac et la Salle des Treize. C’est comme sur les photos d’ « Opération -1000 », avec un peu moins d’eau mais la forêt de colonnes est bien là, et toujours aussi caractéristique ! On a chaud, on s’amuse à faire une photo de plongeurs comme eux à l’époque, et on reprend la progression vers le fameux Vagin, qui fait toujours autant de boucan, pour un si petit filet d’eau ! On progresse sur quelques vires et petits ressauts, les grosses coulées de calcite blanche que l’on descend me font bizarrement penser à un tas de chantilly ! On arrive à -640m au Vestiaire, fin du royaume sec et début de l’aquatique… Pendant la « pause en-cas » qu’on y fait, il y a comme un flottement (on est encore au sec pourtant !), je suis certaine de faire demi-tour ici, et les autres sont hésitants… ira, ira-pas ? les mains-courantes des Couffinades ont une sacrée réputation qui les précède ! Finalement, je repars seule vers le haut, la cohorte roannaise ira fièrement viser le fond ! Brynhild vous en parle ci-après … (*)

Au pied du Vagin, je retrouve comme prévu le groupe de Villeurbanne, au sein duquel le visage de Bérengère s’illumine quand elle me voit : elle va enfin pouvoir remonter tranquillement ! Les gars du SCV ont la même technique que notre Chef, ça galope à la descente pour ne pas perdre de temps sur l’horaire ! On laisse donc les garçons filer vers le bas, et on amorce la remontée à notre rythme . Il doit être environ 13h quand on repasse devant le bivouac de la Salle des Treize ; on décide de s’y arrêter et de faire une pause déjeuner. Pendant qu’on mange, des lumières arrivent en haut de l’éboulis, il s’agit d’un groupe de hongrois qui passera sans traîner et de Serge Caillaud qui va faire des photos aux « Treize » avec le binôme d’Expé.

Le temps qu’ils fassent leurs photos, on finit de manger, et on remontera derrière eux jusqu’au méandre. C’est super agréable d’avoir Serge devant, déjà parce qu’il nous montre le chemin, et surtout parce qu’il nous fait bien rire avec ses « je remonte les puits à la vitesse d’une tortue » … nous aussi on veut bien aller à ce rythme au même âge ! Sans surprise, au retour le méandre est encore plus fastidieux à passer qu’à l’aller, mais on prend notre temps et on s’en sort finalement. Les quelques ressauts au milieu desquels des bouts de bois ont été installés pour faciliter la progression seront l’occasion de figures éléphantesques, mais nous revoilà finalement au pied du puits Ruiz. En montant je vois la lumière du jour en haut, ça regonfle le moral immédiatement ! On ressortira finalement à 19h30 avec ma coéquipière, pas de pointe de vitesse mais on est ravies de notre binôme de remontée !

La randonnée pour rejoindre les voitures est chouette de jour, c’est vraiment joli en fait ! A chaque côte un peu raide, j’entends en mémoire Brynhild et Audrey qui disaient ce matin « Ouh, celle-là elle pique bien au retour », et je confirme ! Sans se perdre, on repasse au Lapiaz, puis arrivons aux Génisses au milieu d’un troupeau de vaches qui pâturent (on leur laisse bien la priorité quand elles décident de traverser le chemin devant nous !) et on finit par retrouver le parking de la Molière, il est 21h.

De retour au camping on va discuter un peu avec les anciens attablés sous le barnum, on apprendra demain qu’il s’agit de la bande des fameux Belges de 1968 ! Effectivement, ça avait l’air d’être un autre engagement que nous quand ils évoquent les échelles à la descente ! Même si ma sortie n’est pas un record sportif, pour moi c’est un nouveau record de profondeur atteint (je plafonnais à -400m), la chance de voir « en vrai » une partie des lieux immortalisés dans « Opération -1000 », et finalement l’envie d’être en forme pour essayer le -1000 une prochaine fois, qui sait ?

Galou.

 







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