Carnet de route

gouffre Berger -1100 ... Brynhild nous raconte "le fond" !

Sortie :  gouffre Berger du 11/08/2018

Le 14/09/2018 par Brynhild MASSARDIER

Il y a quelques mois déjà qu’Audrey et Fabien m’ont proposé de faire le Berger avec eux…. Plus que motivée, j’avais quand même demandé à ce que nous faisions quelques « grosses » sorties avant afin de se préparer pour ce challenge (à priori pas difficile, mais -1000m quand même !) L’année 2018, et sa météo….aléatoire, ne nous aura pas permis de faire de grosses sorties, sauf au mois de juillet (rivière de Gournier). C’est ainsi que le mois d’août arrive et que nous nous retrouvons, Fabien et moi dans un premier temps, au camping Les Buissonnets de Méaudre. Le camp spéléo est déjà monté puisque cela fait deux semaines que des spéléos de France et de Navarre (et même plus loin !) descendent dans le Berger pour le dépolluer. Étant sur place en avance (nous avons prévu de descendre entre le 12 et le 13 et nous sommes le 4…), Rémi, l’organisateur du camp nous propose d’aller faire un tour dans le gouffre avant... Quel meilleur moyen que de descendre une première fois dans le Berger pour s’entraîner ? Je « goutte » donc à cette joie le mercredi 8. Nous ne visons pas le fond, celui-ci se fera avec le groupe au complet. De toute façon nous ne pourrons pas puisque la menace orageuse oblige Rémi à limiter la descente à -600m. Cette première rencontre avec le « Gouffre » s’est très bien passée…elle m’aura permis de comprendre/imaginer ce à quoi m’attendre et surtout évaluer si j’ai les bonnes techniques pour évoluer rapidement pour ne pas perdre de temps… et là, j’ai quelques doutes ! Notre groupe, composé de Cyril-Gour en chef, Audrey et Galou Mainguettes, Fabien et moi-même, nous retrouvons tous, le samedi 12 à midi, pour une descente prévue le 13. La météo est bonne, il n’a pas plu depuis plusieurs jours. Les sorties sont donc autorisées jusqu’au fond !.... Mais nous devons impérativement être remontés au-dessus des -600m le lundi à 6h du matin. Le chef, dans sa réflexion juste, mais rude, annonce la sentence : levés à 4h15, pour un départ du camping à 5h00. Nous sommes rejoints par Cédric, un plongeur spéléo aveyronnais (du Sud !).

Nous laissons Galou et nous continuons l’aventure à 5. Notre prochain objectif est le haut du Grand Canyon (là où Cyril, Fabien et Audrey se sont arrêtés l’an dernier) Nous attaquons la partie aquatique et arrivons aux Coufinades tant redoutées. Par chance, il n’y a que très peu d’eau. Nous évoluons donc plutôt rapidement (enfin pour moi…. pour d’autres nous sommes un peu lents). Les vires ont été rééquipées quelques jours plus tôt, cela nous laisse des cordes quasiment neuves. Je n’ai donc que peu d’occasions de me longer sur des cordes à l’âme apparente (et tant mieux). Quelques passages plus sportifs et techniques plus tard : réseau des Cascades, avec peu d’eau mais rappels guidés…., nous arrivons en haut de la cascade Claudine. Je vois son mât caractéristique en travers permettant de descendre la cascade hors crue et j’ai une pensée pour les anciens qui l’ont apporté là… avec les moyens de l’époque. Ils étaient fous ces spéléos ! Nous nous en sortons sans trop de difficulté et rejoignons le Grand Canyon ; c’est comme le Grand Eboulis, en bien plus glissant. Avant de l’attaquer, le chef nous accorde une pause « restauration » ». Nous avons prévu de quoi faire trois repas… nous sommes LAAARGE ! Le bonus : un café ! (et chaud !) Nous sommes donc prêts pour attaquer ce canyon (que je redoute pas mal). En descendant rive droite (comme pour le Grand Éboulis), nous trouvons des cordes. Hallelujah ! Elles permettent d’évoluer sans expérimenter le « ventre-réglisse-spéléo ». Ainsi, à notre rythme jusqu’à la Grande Cascade, nous atteignons la côte -900m. C’était un objectif…. Allons-nous le dépasser ? Sommes-nous encore dans les temps ? Le chef opine, nous pouvons viser le fond. Chacun jauge sa vitalité et ses capacités (c’est pas le tout de descendre…. il faudra remonter !). Fabien décide d’en rester là. -900 c’est déjà génial, et ça lui donnera une bonne excuse pour revenir l’année prochaine ! Nous sommes donc quatre à poursuivre. L’excitation et l’adrénaline nous rebooste ! Nous allons « toucher » le fond ! Il nous reste quelques passages techniques : la chatière de la Baignoire, la « Vire-tu-oses » et l’impressionnant Puits de l’Ouragan. Cyril nous prévient : il va y avoir du bruit, la communication sera certainement difficile ; ainsi, deux coups secs sur la corde = c’est libre. Je fais passer le message aux nouveaux compagnons qui nous suivent : les spéléos de Villeurbanne. Après avoir laissé Bérengère avec Galou, ils nous ont rejoints (forcément, avec des néoprènes c’est plus simple d’évoluer dans les Coufinades !). Finalement, le puits de l’Ouragan n’est pas si bruyant que ça, avec peu d’eau … peu de bruit ! Je le descends…. En posant le pied au sol, je me dis que je suis à -1000m sous terre….. mon enthousiasme est un peu rappelé à l’ordre par le chef : nous ne sommes qu’à -953. Et bien, maintenant que nous sommes là, continuons ! Allons chercher ces -1000 ! Nous reprenons notre chemin et dépassons le Camp des Étrangers, l’Affluent -1000 (alors là, qu’on ne vienne pas me dire qu’on n’a pas passé les -1000 !!) et enfin… le Pseudo Siphon ! Nous avons atteint les -1100m !! (le(s) tatillon(s) diront -1075m, mais Audrey et moi-même, avons décrété, en toute conscience totalitaire, -1100m, et qu’on ne vienne pas nous taquiner là-dessus….) Les spéléos villeurbannais nous dépassent. Équipés de néoprènes, ils ont décidé de prendre leur bain… et bien perso, je les préfère chaud ! C’est ainsi que nous avons atteint notre objectif !

Encore sous l’effet de l’adrénaline, nous rebroussons chemin ! Quelques photos prises devant l’Affluent -1000 et nous retrouvons les cordes… à remonter.

Puits de l’Ouragan, « Vire-tu-oses »…. Nous retrouvons Fabien au camp 2. Cela fait quelques heures qu’il nous attend (le temps passe plus vite pour ceux qui progressent). Un petit en cas (encore un ?? nous fera remarquer l’aveyronnais du sud !... Ah ces plongeurs) et quelques poubelles récupérées (n’oublions pas notre principal objectif : remonter des déchets, comme quoi… même en vacances, je bosse…. C’est qui la fonctionnaire ? ;-) ) nous reprenons notre ascension à cinq. Le Grand Canyon se remonte, sur les genoux…. C’est moins risqué et moins glissant, puis ce sont les cascades, la tête de puits de la cascade Claudine m’en fera voir ; là encore j’essaie d’éviter la barre métallique… en vain. Après lui avoir donné des grands coups, involontairement, j’en conclue à sa solidité et m’appuie dessus de tout mon poids … elle tient ! Nous remontons le Réseau des Cascades et ses rappels guidés… plus énergivores qu’à la descente. Les Coufinades passeront moins rapidement : cumul de fatigue, et de ma bêtise qui fait que je ne veux pas utiliser la poulie track…. Je reste donc un peu coincée sur ma petite longe…. Sous les regards désespérés de Fabien et Cédric (qui préférera finalement évoluer dans la rivière….). Les Coufinades passées, nous sortons de l’eau. Je commence à avancer par objectif, le prochain : la Salle des Treize. Nous y arrivons sans trop se tromper (si si chef, il y avait bel et bien un chemin avec un cairn et une balise….). Une dernière pause repas (celle de trop pour notre aveyronnais du sud qui préfère se reposer dans le bivouac…. Le regrettera-t-il plus tard ?). Nous reprenons notre route ; nous avons remonté la moitié du dénivelé et sommes encore en forme pour la plupart. Le Grand Éboulis se passe bien, puis nous « re-glissons » au lac Cadoux à sec, remontons les puits Aldo, Garby. Personnellement, via les cordes fractionnées. Arrive enfin pour moi les dernières « épreuves » : les méandres. Bien que confortables, je ne les aime pas… trop larges, trop de vide….j’avance à mon rythme, suivi de près par Fabien qui connaît mon appréhension pour ce passage. Il a donc un œil bienveillant. sur ma progression. Nous arrivons enfin au puits du Cairn, se dressant toujours aussi fièrement et montrant la direction de la sortie. Plus que 80m et nous sommes dehors. Je reprends mon ascension sur les cordes fractionnées, toujours suivie par Fabien ; Cyril, Audrey et Cédric sont un peu plus loin. 2h15 du matin, soit 18h55 plus tard, nous voilà sortants du gouffre. Pas épuisés, et tellement heureux de cette sortie ! Cédric, Audrey et Cyril nous rejoignent 20 minutes plus tard. Nous sommes tous dans la joie d’avoir atteints nos objectifs ! Petite vérification sur le carnet : Galou est bien sortie ! Il est maintenant l’heure de rentrer au camping. Chacun à ses pensées : images du Berger plein la tête pour tous, et bières et fromages pour d'autres ! Il est 5h00 ; dans nos tentes, prêts à rêver de notre exploit !

Brynhild

 

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