Carnet de route

w.e. caussenard bis ...

Le 10/03/2019 par Galou & Estelle MAINGUE

Samedi 2 : On forme deux équipes : ceux qui font du Bateau et ceux qui partent à la recherche du lac navigable au Sot du Merle …

C’est à parité que nous partons au Sot du Merle avec Audrey à l’équipement, Galou en second pour les réglages de dév’ + les photos floues, puis Arnaud et Bruno qui portent les kits !

Après une marche d’approche d’environ 2' pour enjamber un grillage et descendre au fond de la doline encombrée d’arbres, on arrive à l’entrée du trou ; pas forcément spectaculaire, mais bien chargée en humus ! On ne quittera pas vraiment la corde tout au long de la descente (un peu plus de 300m de pelote pour 200m de profondeur, cherchez l’erreur !). La grotte n’est jamais bien large, les puits sont souvent coincés entre des parois de diaclase, entrecoupés de 3 ou 4 petites acrobaties brèves mais rigolotes : une lucarne, un trou tout rond au sol pas bien large, un ramping descendant où t’arrives les pieds dans un fractio, une renfougne dans une petite bassine avec rideau d’eau à l’extrémité qui te coule dans le cou ou qui remplit tes bottes selon la durée de coincement de ton kit. Comme annoncé sur la topo, le cheminement n’est pas toujours évident, mais la cavité est plutôt jolie malgré sa faible largeur ! On a de la chance, les conditions sont plutôt sèches à priori pour cette cavité qui est réputée humide (on en sortira tous trempés jusqu’aux os quand même hein !).

A force de rajouter des dév’ et des mousquetons pour éviter les frottements, plus on descend et moins on est sûrs d’arriver au lac, les baudriers commencent à être dépouillés de tout matériel… mais si, victoire, on arrivera finalement tous à s’entasser sur la banquette qui surplombe le lac, un superbe final qui vaut le détour ! Faute de temps et de matériel on n’ira pas voir la galerie et le siphon, mais c’est ravis d’avoir vu le bleu du lac que l’on reprend le chemin vers le haut. Quelques coincements de kits plus tard et après un vol libre de la lampe de secours d’Arnaud nous retrouvons la surface. A la sortie, les rafales de vent typiques des plateaux caussenards activent grandement les opérations de déshabillage, on file retrouver le reste de la troupe au super gîte des Frênes (adresse à retenir : gîte au top !). TPST : 11h environ ?

Équipe « Le Bateau », ou le groupe de la spéléo facile… La veille au soir la description du grand trou mouillant de l’autre équipe m’avait convaincue de choisir le bateau. Le chef connaît donc trajet sans encombres,  on s’équipe rapidement avant d’entamer les 2 minutes de marche d’approche . Cyril nous demande alors si nous connaissons l’origine du nom de la grotte : Le Bateau ? Gros doute tout à coup : nous serions nous embarqués dans un piège aquatique ? Ouf, non, c’est dû à un sympathique rocher en forme de proue de bateau à côté de l’entrée de la cavité ! Fabien part devant pour équiper la première partie de la cavité, Cyril en second suivi de Isa, Murielle et moi. Le choix est rationnel pour équiper mais je soupçonne les garçons de s’être éloignés un maximum du binôme que je forme avec Murielle, il paraît qu’on bavarde beaucoup ! La cavité est belle, un enchaînement de petits puits avec de larges haltes entre chaque où l’on se regroupe. Fabien et Cyril testent (jouent avec?) les talkies-walkies. Ça fonctionne bien… tant que l’on est à portée de voix ! Parfaite illustration du côté sport d’équipe de la spéléo, j’admire l’aisance de Murielle sur corde pour sa 4e sortie et essaie d’en prendre de la graine et en échange, j’improvise un petit café littéraire pendant une attente dans un endroit pas étroit mais pas large non plus pour lui changer les idées.

Le chef prend le relais et équipe la fin dont le dernier P27 . 14h, nous sommes au fond ! Pique nique et petit cours de topographie par Cyril qui a descendu le matériel. On a avancé tellement vite qu’on parle d’en faire une deuxième !

Sauf que… on me propose de déséquiper, chic ! Et par une habile manœuvre , Fabien qui est d’habitude mon coach « deséquipage » remonte avec les filles et demande au chef de me surveiller. Le meilleur moyen de le forcer à ralentir ! Credo du pingouin oblige, il ne faut jamais rester seul et vu mon rythme ben… on n’est pas remontés vite !

Ce chouette petit -100 m’aura bien occupée, mais je suis fière d’y être arrivée avec les bons conseils du grand chef ! Cyril, merci pour ta patience ; -)

Sortis vers 18h, TPST environ 8h.

Les bateliers : Cyril, Fab, Isabelle, Murielle et Estelle (scribe)

 

Dimanche 3. Grand soleil, on va venger les échecs précédents au Mas Raynal. Cette fois on va tous dans la même grotte (elle est suffisamment dimensionnée pour qu’on tienne tous !), avec deux parcours au choix pour la descente : le plein gaz qui fait un peu peur ou par les ressauts qui préservent le suspens. Audrey nous équipe la grande directe pendant que Fab officie du côté des ressauts, et le chef supervise tout ça grâce aux talkie-walkie. Très bonne idée de les avoir pris vu la configuration de la grotte au fond de laquelle la rivière fait un boucan d’enfer, on arrivera à communiquer entre surface et fond jusqu’à… ben, quasi le fond justement !

Le départ de la directe ne me faisait pas trop rêver d’après les discussions de la veille autour d’une fameuse barre métallique à partir de laquelle j’avais compris qu’il fallait presque sauter… finalement on est bien content de s’y raccrocher à cette fameuse barre quand on se jette dans l’abîme comme ils l’appellent là-bas !

Sur les premiers mètres, il y a encore un peu de rocher sous les pieds, et puis au bout d’une dizaine de mètres on commence à tourner sur son fil au milieu du vaste gouffre, l’ambiance est très « jurassique » avec les plantes qui pendent des parois, la vapeur d’eau qui remonte du fond, les cris sinistres des corbeaux (?) que l’on dérange … quelques minutes de solitude au bout du fil en perspective donc. Heureusement, j’entends l’autre partie du groupe qui s’égosille de « liiiiiibre ! » régulièrement, ça rassure un peu ... Même si le cœur bat un peu fort le long de la descente, il faut avouer que c’est quand même une sacré expérience : les dimensions du trou sont surréalistes, on tape un run de 90 mètres direct sans fractio, c’est à la fois effrayant et fantastique, et c’est avec un grand sourire qu’on vient se poser dans le vacarme du fond pour retrouver les camardes des ressauts Place maintenant à la découverte du bas : un petit tour sur la plage, observation des vestiges du barrage inachevé de Msieur Crémieu, lever la tête pour compter les rayons du soleil qui arrivent jusque-là ... et puis il faut bien remonter ! Le retour par les ressauts est un plaisir aussi, à chaque fractio on a un point de vue différent sur le ciel qui se détache en contraste des parois sombres, j’en profite pour faire moult tentatives de photos. Quelques petites pépites jalonnent le parcours : le gros bloc suspendu qui fait un pont entre les parois que l’on emprunte, la grande main-courante qui longe une sorte de baume calcaire qui donne envie de sortir les chaussons d’escalade, les petites marmites d’eau que l’on traverse avant de retrouver le franc soleil et la végétation luxuriante de la surface... Arnaud donne ses premiers coups de clé en déséquipant la fin des ressauts, tandis qu’on installe au soleil la nappe pour le pique-nique d’anniversaire d’Audrey.

 

En conclusion : un week-end parfait où tous les objectifs ont été atteints avec enthousiasme !

 

La joyeuse troupe : Arnaud, Audrey, Bruno, Estelle, Fab, Galou (scribe), Gour, Isa, Murielle

CLUB ALPIN FRANCAIS ROANNE ET SA REGION
1 AVENUE DE BEAUSÉJOUR
42300  ROANNE
Contactez-nous
Tél. 04 77 71 04 30
Permanences :
jeudi 20:00-22:00
Agenda