Carnet de route

Pâques en Aveyron ...

Sortie :  Spéléo du 20/04/2019

Le 27/04/2019 par Isabelle Vaginay & Brynhild

En route pour un nouveau week-end spéléo avec deux roannais, Fabien et Isa, plus deux grenobloises : Brynhild et Audrey. Rendez-vous au camping de « Millau plage ».

Samedi : Direction l'aven de Goussoune.

Audrey désigne Brynhild à l'équipement, secondée par Fabien et me dit : « Isa, si tu as envie de déséquiper, c’est l’occasion. Mais tu as le temps de réfléchir !! ». Dans ma petite tête, je me dis : « pourquoi pas essayer mais je verrai en fonction de comment se passe la descente ». L’équipement se passe bien pour Brynhild. Audrey fait quelques ajustements en chemin et donne quelques conseils. J’observe l’installation des plaquettes, des cordes, des nœuds des dyneema  qui me semblent serrées, voire très très… serrées. Je demande à Audrey quelques explications pour déséquiper.Tout le monde arrive en bas et découvre une jolie salle avec de belles colonnes, draperies… Par le passé, des concrétions ont été dégradées, on les trouve encore coupées et rangées comme un tas de bois. Tout le monde a un petit creux et on fait une pause casse-croûte. Ensuite, c’est le moment de remonter.

Audrey me demande si je veux déséquiper. La descente s’est bien passée et l’idée me trottait dans la tête depuis quelques sorties mais je n’avais pas osé. Allez, nous sommes que 4, c’est le moment d’essayer !! Fabien et Brynhild remontent.

Audrey m’explique comment déséquiper. Elle monte et m’attend au premier fractio. Je défais les premiers amarrages, mets la corde dans le kit. Je dois me mettre dans le vide, allez c’est le départ le plus difficile et hop, c’est bon. Je suis sur la corde les pieds dans le vide, je peux remonter. Audrey m’attend à chaque fractio.

J’arrive à la fameuse tête de puits où la dyneema me paraissait très très serrée. Je pousse le premier brin pour défaire le nœud, rien ne se passe, je le tords dans tous les sens, rien. Audrey me conseille de m’aider du bout de la clé de 13. Le mou arrive mais encore insuffisant. Après plusieurs tentatives, je réussis péniblement à défaire un tout petit brin. Je capitule et Audrey vient à ma res cousse pour défaire la totalité du nœud. Merci !

Je continue tranquillement la remontée quand, tout à coup, je sens le kit me tirer en arrière. Je regarde en bas, « Ah non !! La corde s’est prise dans un béquet 5 mètres plus bas. « Il faut que tu donnes du mou à la corde » me dit Audrey. Je la secoue dans tous les sens. Ça ne marche pas. « Essaie de sortir de la corde du kit ». Rien du tout, le kit est bloqué. « Tu sais descendre au bloqueur ?» me crie Audrey. « Euh… Oui » Je descends ma poignée puis mon Croll. Je secoue la corde de nouveau, Ça ne marche toujours pas. Bon, je ne suis pas assez descendue. Allez, quelques centimètres de plus et je secoue de nouveau la corde. Et là, victoire … la corde se libère enfin. Je la range dans le kit comme je peux et reprends la montée.

Audrey me demande si je veux bien terminer ou si je suis trop fatiguée pour finir. C’est vrai, je suis exténuée mais il ne me reste que quelques mètres à faire alors je finis.  

Je suis très contente et fière d’avoir réussi. Merci Audrey pour ta patience et tes conseils.

Dimanche : Notre choix se porte sur l’aven Eole. Brynhild est à l’équipement sous les yeux attentif d’Audrey. Pendant ce temps, Fabien m’apprend à faire le nœud de fusion : dur dur de faire un huit avec deux brins de corde. Je ferme les yeux, ne réfléchis pas et hop, je réussis et finis le nœud avec les explications de Fabien.

Ensuite le cabestan. Normalement, il doit être fait sur un amarrage irréprochable comme un arbre. Mais là, aucun d’arbre à l’horizon, alors le kit (tenu par Fabien) fera l’affaire. Je me remémore la formation que nous avions faite à Pierre-Châtel et je le refais sans difficulté.

Brynhild est descendue de quelques mètres mais trouve un rocher instable, trop dangereux... Audrey va voir et confirme ! Nous décidons de rebrousser chemin. C’est plus raisonnable. La sécurité avant tout. L'heure tourne et devons trouver une autre cavité pas trop loin.

Ce sera l’aven du Gendarme. Après avoir marché à travers les buis et quelques acrobaties pour enjamber la clôture, on trouve cette jolie petite entrée. Elle est protégée par une porte grillagée. Audrey me propose d’équiper. Je me dis : « pourquoi pas, au moins la main courante et le ressaut de 4 mètres. Pour le puits de 11 mètres, on verra ». Je dois commencer par une main courante avec un amarrage naturel irréprochable. Je vois un arbre qui me parait bien. Audrey : « Tu es sûre qu’il est irréprochable ton arbre ? ». Je n’avais pas vu mais effectivement cet arbre n’est pas en très bonne santé, il est même mort !! Audrey m’explique qu’il faut partir du bas de la porte du grillage. Je dois faire mon cabestan, je sens un léger stress. Je le fais « en vrai ». Ensuite, Audrey m’explique comment équiper la main courante et le ressaut. Nous arrivons au puits. J’hésite mais je veux essayer et puis … Audrey est là. Je me penche au-dessus du vide pour installer les mousquetons dans les broches. Je fais mon nœud de fusion, règle les oreilles et ma tête de puits est équipée.

L’équipement n’est pas simple et fait réfléchir. Il faut être sûr de son installation car mes petits camarades vont passer derrière moi. Et maintenant, je peux descendre sur ma corde.

Pendant ce temps, Brynhild et Fabien s’entraînent à faire des décrochés de victime (ils avaient largement le temps !!).

Tout le monde descend et visite la première salle. La cavité est austère. Les concrétions sont noires sûrement dû à un incendie en surface il y a quelques milliers d’années. On remonte et on reviendra avec Michel pour visiter la deuxième salle !

Isa

Lundi : C’est le dernier jour de ce grand week-end de pâques. Comme à nos habitudes, nous allons en profiter à fond et jusqu’à la dernière minute ! Après avoir nettoyé et rendu le mobile-home, nous voilà partis à 9h00 pour l’aven Bob. Nous allons prendre de la hauteur et nous garer vers l’aire d’envol libre.

La vue est magnifique, nous dominons Millau et son viaduc. Après s’être changés, nous partons trouver l’aven, en direction des pylônes !! Je marche devant, suivie par mes comparses, mais Audrey, attentive et à l’écoute des instructions de la topo, nous signale que nous partons dans le mauvais sens, que nous ne visons pas les bons pylônes … MERCI Audrey !

Nous reprenons donc le chemin, dans le bon sens. Armés du GPS, nous trouvons la grotte sans trop de difficulté. Nous nous demandons comment cette entrée a été trouvée… au milieu des buis, dans une pente assez abrupte.

L’entrée brochée, nous confirme que nous sommes au bon endroit. Fab installe la tête de main courante dans les broches et sans utiliser de mousqueton (8 tressé + pêcheur). Nous allons pouvoir entrer. J’équipe. Au programme : un P40 suivi d’un P5.

Je n’utilise pas les broches, ou plutôt le moins possible (sinon c’est pas drôle !). Dans mon kit, je dispose de 2 cordes de 47 et 35m ; je sais que je vais devoir rabouter mais j’espère pouvoir le faire facilement, le puits étant bien fractionné.

La descente se passe plutôt bien et vu que je n’utilise pas les broches, je ne mets pas trop de fractios mais plutôt des dev… la corde file, je descends, le puits s’évase et montre ses dimensions ; je ne vois pas le fond, je ne vois plus les parois en face, c’est bien assez noir ! Je ne m’attendais pas à cette immensité. Je préviens Audrey : « le puits est impressionnant !».

Je laisse aller la corde afin de voir si elle va jusqu’en bas, ou plutôt d’estimer le métrage manquant avant de pouvoir poser les pieds au sol. Il manque une bonne quinzaine de mètre, je dois trouver un autre fractio, heureusement, il n’est pas beaucoup plus bas. Là encore, j’ai le choix : spits ou broches. Je continue sur ma lancée et installe donc ma nouvelle corde. Le fractio est plein vide dans ce puits impressionnant ; je me sens toute petite au bout de ma corde.

J’essaie, tant que faire ce peut, d’avoir un fractio propre….. je mets une pédale en dyneema (bien trop courte), installe un mousqueton confort, et « range » l’ancienne corde derrière la nouvelle… Résultat : c’est brouillon ! Heureusement, Audrey est derrière, elle arrangera tout ça !

Je poursuis ma descente et pose les pieds au fond. Audrey me rejoindra après avoir grandement amélioré le fractio précédent.

Isa et Fab préfèrent ne pas descendre. C’est donc à 2 que nous continuerons l’exploration de la grotte. Nous descendons l’éboulis et trouvons rapidement le P5. Audrey met la corde en place ; elle sera un peu courte pour aller jusqu’en bas, mais dégourdies comme nous sommes, nous arrivons en bas du puits sans mal.

Le fond est beau, successions de colonnes ocres et blanches, fistuleuses translucides…. Le temps de prendre quelques photos (pour Michel !) et nous remontons. Audrey déséquipe et nous ressortons sous un ciel encore assez dégagé. Nous terminerons ce week-end au soleil, admirant la vue imprenable sur Millau ; quoi de mieux pour clore ce week-end riche d'émotions !

Brynhild

 

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