Carnet de route

A travers la Pierre Saint Martin ...

Le 04/09/2019 par Audrey MAINGUE

Á travers la Pierre…en mode inter-club 

Il y a quelques temps Gour nous avait proposé : « ça vous dit de faire la traversée de la PSM (entendez Pierre Saint Martin) ? »

La question ne s’est pas posée bien longtemps : « Ben, carrément ! » C’est quand même un gouffre mythique  et surtout c’est ici que se trouve la Salle de la Verna (3.6millions de m3 quand même !).

Le chef fait donc une demande à l’ARSIP pour avoir les autorisations de descendre le week-end du 15 août. … Quinze jours avant la date prévue, toujours pas d’agrément et plus personne n’y croit.

Mais grâce à la ténacité du chef et à ses relations, nous obtenons finalement le fameux sésame !

On fera donc la traversée Tête Sauvage-tunnel de la Verna.

Jeudi 15 août : on se met en route avec Brynhild pour rejoindre la MJC de Rodez (Gour, Fab, Hervé, Guy, Didier, Eric et Christian). Ils sont déjà sur place et font, comme chaque année, un camp « explo » à la PSM.

Après un trajet sans encombre et sans un bouchon, on est super bien reçu et c’est un joyeux mélange  de spéléologues de divers horizons qui se rassemble pour dîner.

Vendredi 16 : objectif de la journée … plutôt repos, la descente est prévue pour le samedi.

On ira juste rejoindre le SCJ (Spéleo Club du Jura) pour pouvoir s’organiser avec eux. Ils ont les autorisations pour descendre aux mêmes dates que nous ; on se connaît bien et l'on déséquipera quelques cordes dans la grotte de l’Ours (oui, oui, une grotte avec un P330 -pour le puits du Vautour- cherchez l’erreur !).

Samedi 17 (Jour J !) : deux équipes ont été constituées.

La première, avec David, Léa, Julien, Fab et Hervé, entre sous terre à 7h15 (après avoir un peu bataillé pour trouver la bonne piste dans la station de la PSM). Ils équipent la succession de puits de l’entrée en fixe. David, Léa et Julien veulent être à la Verna vers 17h00 ; ils ne traînent donc pas et filent dans la rivière et les grandes salles. Fab et Hervé quant à eux nous attendront 1h30 en bas des puits.

La deuxième équipe rentre sous terre à 9h15 après avoir géré les navettes de voitures (merci à notre chauffeur Greg !). Elle est constituée d’Estelle, Clément, Valentin, Brynhild, Gour et moi.

Les premiers puits séparés par quelques petits bouts de méandres pas très méchants s’enchaînent bien. Seules, les échelles en place qui « attrapent » un peu nos kits, nous ralentissent. Clément ouvre la marche, je suis suivie par Valentin, Gour, Brynhild et Estelle. Je suis dans le P46 quand de hauts cris m’arrivent du méandre du dessus : « Audrey, vérifie ton kit, il doit être ouvert, la combi étanche d'Hervé est tombée en bas du P45 (que l’on ne descend pas en entier !), Brynhild voit un truc orange ! ».

Je m’arrête et vérifie mon kit (qui en profite encore une fois pour s’enrouler dans les échelles) mais RAS, il est bien fermé !

Je hurle à mon tour : « non tout va bien et puis ce n’est pas moi qui ait la combi d'Hervé, Gour je te l’ai passée à l’entrée ! »

Gour (en plein milieu du méandre, sinon ce n’est pas drôle !) ouvre les kits qu’il porte : c’est bon la combinaison d'Hervé est bien là !! Tout le monde pousse un soupir de soulagement. 5h de rivière à 4°C sans néoprène ça n’aurait pas été drôle du tout !

Nous reprenons donc notre descente sans encombre jusqu’à -360m où l’on retrouve deux tortues spéléos (Fab et Hervé bien au chaud sous leurs ponchos, chauffés à la bougie Bodot). Il est 10h45.

On se regroupe et allons voir le soupirail : pas de discussion tout le monde est bien content de mettre sa néoprène ou combi étanche avant  de passer cette fameuse lucarne (passage bas semi ennoyé) qui donne accès à un méandre puis un P9 et R6 et rejoint la Salle Cosyns et la rivière Bassaburu. C’est aussi le point de jonction avec l’itinéraire SC3-Verna.

On part donc à la suite de la rivière : salle Susse puis le Grand Canyon, la Grande Barrière, la galerie des Marmites, la Grande Corniche et enfin le Tunnel du Vent.

On progresse sans problème, c’est très bien balisé et il n’y a pas trop d’eau. Il y a du volume, et, vu les traces de boue sur les parois dans le grand canyon, ça donne une idée de la quantité d’eau qui passe par là lors des crues. C’est beau, surtout la Galerie des Marmites et le Grand Canyon.

De temps en temps, des barrières de blocs où il faut chercher notre chemin nous ralentissent. L’heure tourne, il serait temps de manger mais on décide d’attendre de passer le fameux « tunnel  du vent » et ses bassins où l'on n’a pas pied.

Le niveau d’eau est bas et le Tunnel du Vent n’est pas très impressionnant ; on a presque pied tout le temps et une corde est en place au plafond pour se tracter, facilitant le passage. Bon, l’eau est quand même fraîche et effectivement il y a un bon courant d’air !

Une fois le tunnel passé, on fait une bonne pause dans la Salle Aragonite : on enlève les néoprènes et on mange enfin notre repas de 12h (bon d’accord on est un peu à la bourre, il est genre 16h30). Certains réitèrent la tortue spéléo pour ne pas trop se refroidir ou retrouver un peu de chaleur. Que ferait-on sans notre Bodot bougie ?!

Pendant la pause, on est rattrapés par deux spéléos du SGCAF qui ont profité des cordes de David. Ils sont tout étonnés de trouver Brynhild ici. Tous, nous nous remettons en route peu après.

Nous voilà partis pour une succession de salles de plus en plus grandes : Avenida des Aragon, Salle Madeleine, Salle Navarre puis la Salle Lépineux avec l’arrivée du Puits Lépineux au plafond.

Ce puits et cette salle furent le théâtre d’un drame en 1952 : Marcel Loubens qui est en train de remonter à l’aide du treuil Cosins fait une chute d’une quinzaine de mètres suite à un défaut de serre-cable. Il décédera de ses blessures deux jours plus tard. On passe à côté de la civière et de l’épitaphe de Marcel Loubens ... C’est très émouvant.

On poursuit la descente par la traversée des salles E.Casteret, Loubens avec son énorme bloc de calcite au centre (il semble tombé du ciel), le Métro, Queffelec avec sa superbe voûte en ogive.

Les salles sont de plus en plus grandes et sont ponctuées d’énormes éboulis qu’il faut descendre puis remonter à chaque fois. On finira par faire pas mal de dénivelé. La fatigue commence à se faire sentir, il faut faire attention à ne pas glisser (n’est ce pas Audrey ? ).

Il reste encore la Salle Adélie puis Chevalier dans laquelle on accède en rampant juste au dessus de l’eau. On touche au but ! La prochaine salle c’est la Verna, une dernière fournée de vire et on y est !

C’est vrai que c’est grand et malgré nos stoots*, scurion* et autres frontales au maximum, on a du mal à éclairer la paroi d’en face.

Comme cette salle se visite via le tunnel EDF, ils ont eu la bonne idée de mettre des silhouettes pour donner une idée de la grandeur de cette salle : elles paraissent ridicules alors qu’elles font deux fois la taille réelle. La cascade de la Salle de la Verna est impressionnante, avec ses 80m de hauteur.

C’est la fin de la traversée, il reste juste les 600m du tunnel EDF (fort venté) pour sortir.

L’ouverture de la porte est assez impressionnante : ça siffle de manière impressionnante quand la porte de la Verna est fermée puis quand on l’ouvre il y a une ou deux secondes de calme plat puis un vent énorme s’engouffre et il faut être deux pour la refermer !

Vraiment très contente de cette sortie ; merci Gour pour l’organisation et pour la gestion de la traversée : itinéraire parfait !

La prochaine fois on fait SC3-Verna ?

Audrey.

TPST : 13h30

Participants :

CAF ROANNE/MJC RODEZ/SCJ/SGCAF : Gour, Fab, Brynhild, Audrey, Hervé, Estelle, Léa, Julien, Clément, David, Valentin.

PS : On ne relatera pas l’épopée pour retrouver la voiture d'Hervé perdue au milieu des pistes de la PSM, ni les 12h de bouchons en voiture pour rentrer bosser le lundi !! Zéro regret c’était trop bien.

 

 

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