Carnet de route

traversée de la Diau

Le 28/09/2019 par Brynhild MASSARDIER

Cela faisait quelques temps (voir années) que le chef parlait de la traversée de la Diau (74). Initialement prévue en juillet, elle a été décalée à la demande d’Audrey et moi pour ce week-end du 13-15 Septembre.

Étant plus technique que les cavités que nous faisons habituellement, elle a été proposée à ceux qui sont totalement autonomes et bien à l’aise. Nous devions donc être quatre du club, trois ou quatre copains de Cyril, soit une sortie à huit maximum…. Mais c’était sans compter sur les virus, fatigue, et autres raisons toutes autant respectables, qui ont décimé les rangs…. C’est ainsi que nous nous retrouvons à trois au camping d’Usillon (Thorens Glières) le vendredi soir.

Première sur place, suivie de près par Cyril, nous récupérons Nico au parking d’arrivée de la traversée, en profitons pour y laisser ma voiture et rentrons au campement. Le chef nous annonce qu’un autre groupe de dix spéléos fera également la Diau le lendemain. Ne voulant pas forcement être derrière, nous devons nous lever et partir le plus tôt possible pour être les premiers.

Objectifs : levés à 6h30 ; départ 7h30 ; arrivés au trou 9h ; dans la grotte à 10h ; sortis 19h.

6h30 : nous prenons le p’tit dej, préparons nos affaires, chargeons le camion avec notre matos perso, les cordes (toutes ?), nous partons du camping à 8h30…. Les objectifs vont être difficiles à tenir si on commence comme ça !

Parking du chalet de l’Anglettaz après 30 mn de route/piste. Les cordes sortent du coffre : 60-50-40m et….. et….. ?? Où est la 71m ? …… dans la voiture du chef, au camping….. BOULETTE !! Devons-nous repartir la chercher ? Nous perdrons au moins 1h… Regard rapide sur la topo : on se débrouillera avec ce que l’on a. Nous avons deux grands puits, le premier de 88m (fractionné 2 fois) et un puits de 63m. Décision prise, nous prenons chacun une corde (nous sommes 3, parfait !) et commençons l’ascension au plateau du Parmelan. Le chemin d’accès au 3 bêta est très bien balisé, c’est donc sans difficulté que nous trouvons l’entrée.

Nous nous équipons. Cyril et Nico connaissant la traversée, il est possible -dans ce P88- d’aller directement au 2ème fractio. Nico commence à équiper lorsque nous entendons du monde arriver…. C'est le groupe annoncé la veille, et ils sont bel et bien dix ; plusieurs connaissent Cyril. Ils ont chacun une corde et j'entends les longueurs : 80- 75-100m…. Ils nous en proposent une, mais nous, on n’aime pas la facilité…. on va assumer notre erreur jusqu’au bout…. On garde nos 3 cordes !!

Nico s’engouffre dans la faille et va chercher le 2ème fractio. Il passe devant le supposé premier et descend plus bas, la corde frotte. C’est une 8mm… le chef n’aime pas ça… surtout lorsqu’il comprend que Nico remonte. Une petite vague de stress pour commencer…. Ce n’était pas le fractio que Nico a vu mais le début de main courante pour aller 5m sur la gauche, au véritable premier fractio… Comme Nico n’était pas dans le bon axe de la faille, le 2ème fractio se trouve trop loin, et la corde frotte trop ; il décide de remonter jusqu’au premier où nous pouvons le rejoindre. Une fois tous les 3 au palier, nous rappelons les cordes ; Cyril installe la suite. Pendant ce temps, j’essaie de voir où je peux me placer et me rendre le plus utile possible. Au fur et à mesure des rappels je trouve mon rôle : je sherpate, j’enkitte les cordes, les garçons les installent et les rappellent… et les enkittent….et sherpatent aussi.

Nous progressons sans tarder mais entendons le groupe arriver derrière nous…. déjà ? Cela nous met un coup de boost ! Nous avons notre fierté (la même qui nous a empêché de leur emprunter une corde), nous accélérons, P20 ; P11 ; P16 toujours suivis de (très !) prêt par les autres. La première longueur de 11m du P63 se descend sans difficulté. La main courante pour arriver à la tête de puits est installée avec la corde de 40. Nico utilise la corde de 60 avec celle de 50m pour commencer à descendre le puits. Il nous manquera de la longueur sur la corde de rappel (ben oui 63-11 =52… et c'est une 50m). Cyril m’explique que je vais devoir rabouter la 40 à la 50m. N’étant pas avec lui, je ne comprends pas ce qu’il me dit, et les dix spéléos au-dessus de moi attendent…. plutôt bruyamment….Une fois les instructions répétées, le groupe re-propose leur corde….(apparemment ils n’ont pas saisi notre orgueil….). Arrivée au fractio, Cyril me re-explique une dernière fois, compris ! Je raboute sur la corde de rappel, je n’aurai pas de passage de nœud à faire…. Je descends et reste attentive pour ne pas dépasser le bout de la 50m. Finalement, ne manquant que 2m, Nico saute et récupère le bout de la 50m du bas ; pas besoin de rabouter ! (oui… tout ça pour ça!).
Nous continuons notre progression dans le réseau (boueux) des Grenoblois, main courante déjà installée au dessus d’un P15 puis P23, P5, R6 ; les voix du groupe se font de plus en plus lointaines. Je monte sur ma 1ère échelle de spéléo…. Les barreaux pleins de boue sont plutôt glissants, mais le torse me tient sur la corde de sécurité que Cyril tient aussi du bas… plus simple ! Les puits s’enchaînent, beaux, propres, bien formés. Nous avançons, chacun avec son rôle, Nico et Cyril équipent et sherpatent, j’enkitte (j’accroche les cordes aux bons embouts du kit….. ou pas….) et je « sherpate ». Arrivés à un P20, Cyril équipe avec les 40 et 50m. Sa manip faite, il descend… sur une boucle ! Arrivé en bas, il se rend compte qu’il a accroché la 40 avec …elle-même ! Heureusement le puits ne fait que 20m ! Nous touchons terre ( du bout des pieds pour moi… mon frein s’enlève difficilement ). Cette erreur est certainement dûe au fait que depuis le début j’accroche les cordes dans le kit « comme ça vient »…. sans respecter la règle que nous avions établie « la 40m sur la boucle blanche du kit ». Mea culpa…..
Nico rappelle la corde et fait passer le nœud…. Il plaisante ? même pas ! Il a passé le nœud sans s’en rendre compte ! Il aurait pu tirer quelques heures encore sur la boucle…
P39, le puits de l’écho qui porte magnifiquement son nom ! Nos tests vocaux nous le prouvent !

C'est en bas de ce puits, qu'il est indiqué de mettre les néoprènes. Connaissant la traversée, mes co-équipiers préfèrent se changer plus loin, à l’arrivée dans la Diau, qui n’est pas tout de suite. Il est donc probable que nous nous mouillions les pieds.

Progression assez facile: P26, R5, P7, R5 ….Nous arrivons en haut du P12, au dessus de « la rue d’eau ». La fatigue et l’humidité ambiante commencent à se faire sentir. J’ai un peu froid…et nous ne sommes pas encore dans l’eau…. L’appréhension de la néoprène et de la rivière augmente un peu plus…. et je comprends que le sentiment est partagé par mes comparses. Petite pause pâtes de fruit-balisto et continuons. Les derniers puits s’enchaînent, je retrouve un peu de chaleur.

Enfin, la Diau ! Il est 16h30. Restauration rapide, thé chaud et/ou café tiède. Il est temps d’enfiler la néoprène… moment encore plus redouté que d’aller dans la rivière, mais bien vite passé…. Combi bien humide… bizarrement, la mettre dans un sherpa « canyon » ne l’a pas préservée des flaques rencontrées auparavant…. Nos contorsions pour l'enfiler nous réchauffent. Sans appréhension nous allons dans la rivière, en théorie, pour 2h/2h30 ; je vais devoir nager (ou passer par les MC installées au dessus, mais ce sera plus long).
Nico : « on court ? »… Haha… Moi qui était déjà en fond de 4...Lui, passe la seconde ; pas le choix, faut avancer ! « Vise la tête des cailloux » me suggère Nico… le chef reste derrière et va aussi me conseiller lorsque mes pieds n’en font qu’à leur tête, lorsque mes bras n’ont plus de force pour me tenir aux chaînes des vires, lorsque les 5mm de ma combi m’empêchent de lever mes jambes pour passer les marches imposées par la rivière…. qui -après un rythme assez poussé- se révèle ! Magnifique : eau limpide, marmites plus ou moins profondes, petits gours en formation avec leur caillou plus ou moins encastré.

C’est tout simplement splendide ! Nous faisons quelques pauses photos.
Le jour se fait sentir, et voir. Sortie impressionnante. Il est 18h45….. Nous sommes supers contents ! Dernière photo pour la gloire !

Nous rentrons à la voiture… quelques douleurs se réveillent : genoux, pieds, mains …. Nous allons récupérer le camion de Nico et c’est ici que se terminera notre journée, devant un bon repas savoyard pour certains, « viandard » pour l’autre !
Nico et Cyril se donne un objectif : la prochaine fois, ils la feront en 4h… D’ici là, Gour aura des genoux tous neufs, et j’aurai peut-être des nouvelles chevilles plus fiables, qui sait ?………

Dimanche, tourisme à Annecy, mais avant, nous sommes attendus chez Didier à 9h30 pour un petit dej copieux. Nos affaires empaquetées (mouillées….) nous nous dirigeons vers la ville pour un agréable moment chez les amis spéléos du chef.

Je découvre en touriste cette ville magnifique et son lac, guidé par Cyril qui m’explique « sa » ville. Lieu remarquable, encore plus apprécié sous le soleil.

Il est temps pour chacun de rentrer chez soi. Les images de cette rivière et ces moments partagés avec mes 2 co-spéléos emplissent encore mon esprit. Merci à eux !

Et encore une fois…. A quand la prochaine ???

Brynhild.

CLUB ALPIN FRANCAIS ROANNE ET SA REGION
1 AVENUE DE BEAUSÉJOUR
42300  ROANNE
Contactez-nous
Tél. 04 77 71 04 30
Permanences :
jeudi 20:00-22:00
Agenda