Carnet de route

Grotte Vallier

Le 23/04/2016 par GUESDON Cyril

GROTTE VALLIER Vercors 23 avril 2016

Quelle cavité allons-nous faire au mois d’avril ? Initiative d’Audrey de proposer la grotte Vallier dans le Vercors. Quelles raisons à ce choix :

le trajet en voiture de 15’ de chez elle jusqu’au parking, 

 l’envie d'un défit vertacomicorien et de déjouer une météo capricieuse

amplifier nos chances de réussite pour le Jean-Nouveau avec un entraînement de remontée d’un grand puits

Bon, effectivement, c’est le dernier choix qui a motivé plus d’une personne au final : Fabien, Viviane, Sylvain et moi-même.

Rendez-vous le samedi matin à 7h30 sur le parking d’Audrey pour covoiturage jusqu’au départ de la marche d’approche. Évidemment, je fais la route la veille au soir car j’ai quand même 5h de route. De même pour Fabien, mais avec un peu moins de temps. Il en profitera pour préparer les kits de cordes avec son hôte. Les autres protagonistes ne nous retrouveront que le lendemain matin.

L’heure H du jour J arrive : lever 6h15 (ou presque…) et à l’heure prévue, tout le monde est bien présent sur le parking. Remplissage de la voiture (et c’est peu dire car 5 personnes + tout le matériel, il faut prévoir grand pour le transport).

La troupe se dirige tranquillement vers St Nizier et le début du sentier, Canard étant guidé par Audrey.

Dernier inventaire de la nourriture et des bidons pour un remplissage optimisé. Audrey avait demandé 2 repas, j’en avais pour au moins 4. Fabien, fin stratège décide d’essaimer ses repas un peu partout : « au moins je suis sûr d’en avoir dans n’importe quel bidon ! ».

Après ces préparatifs, c’est le départ. Je donne quelques indications sur la marche d’approche : 1h30-1h45 à courbes de niveaux ou presque… bon, ce ne sera finalement pas les 500m de dénivelé qui auront rebuté l’équipe. Ni même le mauvais chemin que nous empruntâmes : « ce pierrier ne me dit rien qui vaille. Nous devrions être sur le côté gauche et non le traverser » annonçais-je en recherchant dans mes vieux souvenirs. On sort donc la carte IGN et oui, Audrey, tu avais raison, c’était bien l’autre chemin qu’il fallait prendre…

On fait demi-tour et récupérons la bonne trace. Au bout d’un petit moment, arrive l’obstacle majeur de la journée (en tout cas pour moi !) : un névé à traverser. Ni une ni deux, je pars devant et je fais proprement des marches pour le confort des autres, car il y a de la pente à cet endroit. Je tape du pied à chaque pas pour tasser la neige. Me rapprochant de l’autre bord de ce névé, je remarque qu’il y a un vide entre celui-ci et le sol. Je ne me rapproche pas trop près et m’apprête à faire une marche avec le pied gauche, croisé devant le pied droit et le tout face à la vallée. Joli pas de danse. Mais, le paquetage étant lourd et la neige molle, au premier coup de pied pour tasser la neige, ce dernier part littéralement au fond du névé. Ma jambe rentre toute entière. Pris dans l’élan, mes jambes croisées se défont, s’en suit un twist de 180° et porté par le mouvement, je me retrouve le dos face à la vallée, mon sac voulant m’entraîner bien plus loin sauf que mon pied gauche a eu la bonne idée de me retenir. Mais de quelle manière l’a-t-il fait ? tout simplement en restant bloqué dans le sens de la marche, c’est-à-dire le pied dirigé vers la vallée. Je suis dans l’expectative un petit moment : quelque chose de cassé ? de tordu ? non, rien de tout cela. Juste un moment de fierté d’être aussi souple pour avoir un pied tourné de 180°. Sauf qu’il faut se sortir de là. Et avec le sac sur le dos, impossible de se relever tout seul. Canard et Fabien m’aideront à m’en sortir, d’une part en me retirant le sac des épaules puis en me tirant comme une toupie pour tout remettre en ordre de marche.

Suite à cette péripétie, nous arrivons enfin au porche d’entrée. Canard et moi-même grimpons en haut avec les cordes et câbles en place. J’installe une corde pour les suivants et surtout pour la sortie qui est prévue de nuit. C’est qu’elle est raide cette montée. Une corde ne sera jamais de refus dans ces conditions après une journée sportive bien remplie.

Nous prenons le temps de contempler Grenoble et de nous préparer pour cette longue sortie. Nous ne ressortirons pas de si tôt.

La progression dans cette cavité se fait relativement bien. Au premier obstacle : puits, surprise ! il y a déjà une corde d’installée et qui plus est en 8mm. Ce n’est pas habituel d’avoir un si petit diamètre de corde pour un équipement en fixe. Les équipeurs sont ravis : « pas besoin de poser nos cordes »…

« Que nenni » rétorque le chef (enfin moi). Et oui, imaginons qu’une équipe se trouve déjà sous terre dans un autre cheminement que le nôtre, puis, ayant terminé leur petite balade, ils décident de remonter en déséquipant. Et bien nous serions bien malins en étant en bas des puits sans corde pour remonter… Alors ce sera une très bonne pratique : l’équipement en double.

Les puits s’enchaînent et qu’entendons-nous au loin : des spéléos sont en train de nous rejoindre. Je leur pose la question : les cordes sont à vous ? « Oui » me rétorque le BE (Johann). Il a posé les cordes pour qu’il ait moins de choses à faire quand il emmène des personnes avec lui. Bon, ce jour, il n’a pas prévu de les retirer mais il s’était posé la question. Comme quoi, vaut mieux tout prévoir ! Nous les laissons passer et de notre côté, nous continuerons donc à poser nos cordes.

Et puis, il fallait s’y attendre, nous nous rapprochons du redoutable, non, le fabuleux, heu non, l’impressionnant « Black Hole ». Un puits magnifique d’un seul jet de 98m. L’ambiance est au rendez-vous. Audrey l’équipe et descendra sans même chercher le fractio qui se trouve quelque part vers le milieu… Comment trouver 2 spits à 4m de la paroi ? Audrey a la réponse : « je n’ai pas cherché »… Les autres regarderont équiper et partir Audrey dans cet abysse sans un mot. Ils le savent : ils vont eux aussi y descendre !

Tranquillement mais sûrement, toute l’équipe fera l'aller/retour en 3h environ.

Pour ma part, je dois me ménager et j’ai un autre projet que le « Black Hole », ce sera la Galerie des Merveilles qui part juste avant la tête du puit. Et cette petite balade parmi les aragonites, fistuleuses, fleurs de gypse, stalactites, était … un cadeau pour les yeux. Il faudra revenir pour approfondir cette visite.

Enfin, nous nous retrouvons tous en haut du grand puits ; je rejoins Fab qui le déséquipe.  En commençant à tirer sur la corde, la phrase choque retentit : « je crois que la corde est coincée en bas ! », « QUOI : tu es sérieux Fab ? », « heu oui ! »… sueur froide à l’idée de devoir finalement redescendre. Mais par chance suite à un coup sec, la corde vient… sauvé !

Le retour se fera sans encombre, tous heureux de cette sortie.

Arrivée à 00h30 avec une belle vue sur Grenoble by night. Mais malheureusement la pluie est au rendez-vous. Il va falloir faire avec : 1h30 de marche glissante ! Néanmoins, tout le monde arrivera entier à la voiture avec, pour certains, quelques courbatures dans les jambes…

Repas chez Audrey : saucisse lentilles à 2h30 du mat. C’est apprécié par tous.

L’heure de Morphée est arrivée ; tout le monde se glisse dans son duvet ou rentre dans sa maison pour profiter d'une bonne nuit réparatrice et remplie de beaux rêves.

Cyril allias « Gour »

 







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